Fer

Définition

Le fer est un oligo-élément qui circule dans le plasma ou qui peut être stocké dans les organes. 

Il faut distinguer le fer sérique, qui désigne le taux de fer qui n'est pas fixé aux globules rouges mais qui est en circulation dans le plasma, et la ferritine, une protéine permettant le stockage du fer, et qui correspond aux réserves en fer du patient. 

Parfois, lorsqu'on analyse le fer chez un patient, le fer sérique peut être élevé, mais le stockage (les réserves en fer) est un peu bas.

Le fer est un oligo-élément, c'est-à-dire qu'on le trouve à l'état de trace dans l’organisme. Ainsi, le corps d'un homme de 70 kg en renferme environ 4 g et celui d'une femme de 60 kg, 2,5 g. Il est principalement absorbé dans l’intestin grêle.

  • Le fer est présent dans l’hémoglobine des globules rouges qui transportent l'oxygène vers toutes les cellules. Il est aussi présent dans la myoglobine, une substance semblable à l’hémoglobine, qui aide les muscles à mettre de l’oxygène en réserve. 
  • Le fer est essentiel à la production de l'adénosine triphosphate (ATP), source première de l'énergie corporelle. 
  • Il participe à plusieurs processus physiologiques vitaux, comme la régulation de la croissance des cellules et de leur différenciation.
  •  Il sert à transporter l'oxygène par le biais des globules rouges dans tous les organes dits "nobles" (le cerveau, les reins, le cœur, les muscles...).

L’organisme ne peut synthétiser le fer et doit donc le puiser dans les aliments. La nature étant bien faite, lorsque les réserves de fer de l'organisme diminuent, son taux d’absorption augmente. En revanche, lorsqu’elles sont élevées, l’absorption baisse, ce qui exerce un effet protecteur contre les effets toxiques d’un excès de fer dans l’organisme.

Bien que la carence en fer soit l’une des plus répandues dans le monde, depuis quelques années l’excès de fer dans l’organisme retient également l’attention des chercheurs. Le corps humain possède peu de mécanismes d’élimination de cet oligo-élément, si bien qu’il s’accumule facilement. 

► Le fer héminique est le fer "ferreux" en provenance des aliments d'origine animale comme la viande, la volaille, les abats et les poissons. Il est associé à l'hémoglobine et la myoglobine, et représente environ 70% du fer présent dans l'organisme ;

► Le fer non-héminique est présent dans les végétaux : céréales, fruits, légumes, œufs, spiruline. 1 à 10% de ce fer seulement est absorbé par l'organisme.

Besoins en fer

De manière générale, les besoins en fer chez se situent entre 10 et 20 mg d'apports journaliers chez les hommes et les femmes, et au-dessus de 20 mg chez les femmes enceintes, les femmes qui ont des règles abondantes et chez les sportifs réguliers. Chez les enfants, les besoins en fer se situent entre 6 et 10 mg par jour.

 En 2016, les références nutritionnelles de la population adulte ont été mises à jour et sont estimées à exactement 11 mg/j pour :
 - L'homme ;
 - La femme ayant des pertes menstruelles faibles ou normales (80% de la population féminine non ménopausée) ;

 - La femme ménopausée.

  à 16 mg/j pour la femme non ménopausée ayant des pertes menstruelles élevées.

Dosage du fer sérique

Le dosage du fer sérique (circulant dans le plasma) se fait grâce à une prise de sang.

 Il est également possible de réaliser une biopsie du foie pour avoir une notion du taux de fer dans le foie - ou encore de réaliser une IRM hépatique. Dans la vie de tous les jours cependant, la prise de sang est la plus courante. 

Les deux derniers examens sont prescrits lorsqu'il existe un soupçon d'hémochromatose (maladie génétique caractérisée par une hyperabsorption intestinale de fer).

Quand faire un dosage de fer ?
On commence souvent par un dosage de ferritine simple pour regarder les réserves en fer. Si les réserves sont basses, ainsi que l'hémoglobine aussi, il existe un soupçon d'anémie ferriprive (diminution du nombre de globules rouges dans le sang ou de leur teneur en hémoglobine). Dans ce cas, on réalise la plupart du temps :

► Un dosage du fer sérique ;

► Un dosage de la transferrine (pour connaître le coefficient de saturation, qui donne une bonne idée du transport du sang).
Avec les régimes alimentaires comme le végétarisme ou le véganisme, de plus en plus adoptés par une partie de la population, il peut exister des carences en fer qu'il faut surveiller.

Carence en fer

Le fer étant un constituant de l'hémoglobine, si le fer manque, cette dernière ne peut donc pas transporter efficacement l'oxygène. Une carence en fer peut se manifester par les symptômes suivants :

Fatigue (premier signe du manque de fer) ;
Lenteur idéatoire (impression de perdre ses capacités intellectuelles, manque de mots, de concentration…) ;
Dyspnée (essoufflement) ;
Pâleur notamment dans l'anémie ferriprive ;
Hypotension orthostatique (lors du passage de la position assise ou allongée à la position debout) ;
Baisse de libido chez certains patients ;
Phanères plus fragiles (pertes de cheveux surtout chez les femmes, ongles qui vont casser) ;
Prurit : les gens se grattent car ils ont la peau sèche, c'est une des conséquences d'une carence en fer ;
Saignements réguliers plus abondants (hémorroïdes, règles…) surtout dans le cadre d'une anémie ferrique.

Bien que la carence en fer soit assez fréquente chez les femmes dans les pays développés, elles ne devraient prendre des suppléments de fer qu’après un diagnostic et commencer par revoir son alimentation pour l'enrichir en fer. La carence en fer est inhabituelle chez les hommes.

Il existe 3 types de carence :

Les réserves en fer (taux de ferritine) sont basses, mais l’apport en fer est suffisant.
L’apport en fer est suffisamment bas pour nuire à la formation des globules rouges (le corps puise dans ses réserves), mais pas assez pour que l’anémie soit mesurable.
Anémie ferriprive. La quantité de fer dans le sang est insuffisante pour contribuer à la formation des globules rouges. À ce stade, ces derniers sont plus petits que la normale et leur teneur en hémoglobine est réduite, ce qui diminue la fourniture d’oxygène aux tissus. L’anémie ferriprive est diagnostiquée par la mesure du taux de ferritine et du taux d’hémoglobine.
Des réserves en fer insuffisantes en début de grossesse exposent la mère à une anémie, qui augmente le risque d’accouchement prématuré, de faible poids de naissance pour le bébé et de mortalité périnatale. Un bilan sanguin est recommandé avant la conception ou au premier trimestre, de façon à dépister un éventuel déficit. L’assimilation du fer augmentant physiologiquement pendant la grossesse, la supplémentation n’est conseillée qu’en cas d’anémie ou de faibles réserves de fer. Les adolescentes, les femmes ayant des grossesses rapprochées, des antécédents de ménorragies (règles abondantes) ou suivant un régime restrictif (amaigrissant, végétalien…) ont plus souvent besoin d’une supplémentation.

Surcharge en fer

Lorsqu'il existe une surcharge en fer, cela signifie que le fer est trop abondant dans le sang. 

La principale cause recherchée est l'hémochromatose - le principal organe touché par cette maladie génétique étant le foie, on réalise une biopsie du foie ou une IRM hépatique. Il peut être possible de repérer une surcharge en fer grâce à une anomalie de la fonction hépatique, mais sinon, il n'y a pas de symptômes particuliers comme pour une carence en fer.

 Les seuls traitements de la surcharge en fer chez un porteur du gène de l'hémochromatose consistent en la surveillance ainsi que les saignées. Souvent, la surcharge en fer est une découverte fortuite, ou bien il existe des antécédents familiaux d'hémochromatose qui ont motivé le dosage de ferritine.

Le fer et les troubles cardiovasculaires. Au début des années 1990, des résultats d’études épidémiologiques menées en Europe du Nord, notamment en Finlande, indiquaient que l’excès de fer dans l’organisme était associé à une augmentation de l’incidence de l’infarctus du myocarde.  On sait qu’un excès de fer dans l’organisme a un effet oxydant.  Les experts s’entendent pour limiter la supplémentation en fer et s’en tenir aux apports nutritionnels recommandés.

Certaines données épidémiologiques indiquent qu’un excès de fer pourrait aussi être associé à une prévalence accrue du syndrome métabolique, du diabète de type 2 et de certains cancers mais ces liens ne sont pas toujours confirmés.

En 2014, des chercheurs ont montré que des niveaux élevés de ferritine – dont le dosage permet d'évaluer les réserves en fer de l'organisme – sont associés à la présence accrue (+73%) d’un syndrome métabolique, qui se caractérise par la présence des symptômes cliniques suivants : obésité abdominale, résistance à l’insuline, hyperlipidémie et hypertension.

Le fer et la grossesse. Pendant la grossesse, le volume sanguin augmente. La femme enceinte a donc besoin de plus de fer pour que ses organes fonctionnent correctement. La moindre carence en fer peut aggraver des phénomènes d'hypotension orthostatique, d'essoufflement, de vertiges, de fatigue, etc. La supplémentation en fer à raison d’environ 30 mg par jour durant la grossesse est une pratique courante en médecine classique, car les besoins accrus de la femme enceinte (27 mg par jour) peuvent être difficiles à combler par l’alimentation seule. Cependant, cette pratique est remise en question. Par exemple, en 2004, des chercheurs français suggéraient de la réserver aux femmes à risque d’anémie ou dont l’anémie est diagnostiquée à la suite d’une prise de sang. Même position en Grande-Bretagne où la supplémentation systématique n’est pas recommandée. Les auteurs ont noté un nombre plus faible d’effets secondaires lorsque la prise de fer n’était pas en continue.

Quand les apports alimentaires sont trop importants, il peut avoir un effet pro-oxydant. Au lieu de nous protéger, il attaque alors certaines structures du corps (à la façon de la rouille).

Lorsque les sources de fer ne sont qu’alimentaires, un apport trop élevé en fer est toujours associé à une trop grande consommation de viande rouge. Or, on le sait, la consommation de viande rouge devrait être limitée.

Fer et grossesse

De nos jours, la dose de fer durant la période prénatale s’approche maintenant des apports nutritionnels recommandés (ANR) qui sont de l’ordre de 30 mg par jour. 

  • Les doses plus élevées entraînent des effets indésirables comme de la constipation et de la nausée.
  • Ces effets indésirables entraînent souvent l’abandon du supplément.
  • Il y a même des doutes quant au risque de complication potentielle à l’accouchement.




Cure de fer

Une cure de fer est réalisée lorsqu'une carence en fer est diagnostiquée. La prise de médicaments à base de fer dure entre deux et trois mois. Il faut au moins un mois pour que tout se mette en place, et bien deux mois pour faire les recharges de fer. À noter que les médicaments à base de fer colorent les selles, il ne faut donc pas s'inquiéter si vous constatez ce phénomène. 

Revoir son alimentation est le plus sage même si changer ses habitudes alimentaires est difficile ! 

Précautions

Précautions
On ne devrait entreprendre une supplémentation en fer que sous la surveillance d'un professionnel de la santé. En plus d’un possible effet pro-oxydant d’un excès de fer dans l’organisme, les suppléments de fer interagissent avec plusieurs médicaments et suppléments, notamment certains antiacides, antibiotiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens, ainsi qu’avec le calcium.
Les personnes souffrant de maladies ayant pour conséquence une accumulation anormale du fer dans l'organisme (hémochromatose, maladie microdrépanocytaire, polyglobulie) ne devraient jamais prendre de suppléments de fer.
Tenir les suppléments hors de la portée des enfants. La teneur en fer d’un contenant de multivitamines et minéraux est suffisante pour intoxiquer gravement un enfant qui en avalerait tout le contenu.

Aliments riches en fer


Le thé vert fait perdre le fer, le thé noir en diminue l'absorption


La viande rouge, surtout le boudin noir cuit, le foie d'agneau… ;Le foie de volaille ;Le poisson et les fruits de mer (palourde, bulot…) ;Les céréales (lentilles sèche, germes de blé, haricot blanc cuit ou sec…) ; La spiruline ; Les épices (romarin, sauge, curry...).

Fer héminique

Foie de poulet cuit pour 74 g  6,3 mg                                                Foie de boeuf cuit pour 85 g 5,3 mg

Rôti de boeuf (palette) pour 88 g 3,1 mg                                           Dinde hachée cuite pour 82 g 1,6 mg

Sardines en conserve pour 48 g (4) 1,4 mg

Fer non héminique

Tofu pour 115 g 6,2 mg                                                                                Graines de citrouille écalées pour 30 g 4,5 mg

Haricots de soja cuits pour 125 ml 4,5 mg                                                   Haricots blancs en conserve pour 125 ml 4,1 mg

Lentilles bouillies pour 125 ml 3,5 mg                                                           Épinards bouillis pour 125 ml 3,4 mg

Pomme de terre au four avec sa pelure pour 202 g (1 grosse) 2,7 mg        Pâte de tomate pour 75 ml 2,5 mg



Teneur en fer en mg pour 100 g d’aliment 

Boudin noir cuit 22,8                                                                                      Praire ou palourde cuite 15

Graine de sésame 14,6                                                                                 Rognon d’agneau cuit 12,2

Cacao en poudre non sucré 10,9                                                                  Foie de poulet cuit 10,6

Bigorneau cuit 10,2                                                                                        Gésier de canard confit 9,4

Rognon de bœuf cuit 7,6                                                                              Pain aux céréales ou pain complet 6,7 à 6,8

Bœuf braisé 5,9                                                                                             Moule cuite 5,5

Pignon de pin, noix de cajou 4,6 à 5                                                             Anchois à l’huile, hareng mariné 3,4 à 3,6

Epinard cru 3,4                                                                                               Canard rôti 3,4

Rosbif cuit 3,1                                                                                                 Haricot blanc cuit 3

Sardine en boîte 2,7                                                                                         Œuf cuit 2,6

Haricot rouge cuit 2,3                                                                                     Haricot vert cuit, bette cuite 2,2 à 2,3

Epaule d’agneau cuite 2,2

Le fer est hydrosoluble : il peut s’échapper dans le jus ou l’eau de cuisson des aliments, qu’il est donc souhaitable de consommer. Par exemple, récupérer le jus des moules pour préparer une sauce ou l’eau de cuisson d’un pot au feu pour confectionner un potage.
"Certaines substances, au contraire, diminuent le transit du fer : on peut citer le café par exemple, ou certains thés (le thé vert fait perdre le fer, le thé noir en diminue l'absorption). Il faut savoir que la vitamine C améliore l'absorption de fer. Il est donc conseillé de manger des aliments riches en vitamine C, comme le cassis, le chou, le persil, le citron, le poivron, le brocoli…", explique notre interlocuteur.

Dans les aliments, le fer existe sous deux formes principales : héminique et non héminique. La viande rouge, la volaille, le poisson et les fruits de mer renferment du fer à la fois héminique et non héminique. Les fruits séchés, la mélasse, les grains entiers, les légumineuses, les légumes verts, les fruits à écales, les graines, les oeufs et les produits laitiers renferment uniquement du fer non héminique. Notez que les produits laitiers contiennent très peu de fer et que, de plus, le calcium qu’ils contiennent concurrence le fer et pourrait nuire à son absorption.

Le taux d'absorption moyen du fer héminique est d’environ 25 % (de 15 % à 35 %), tandis que celui du fer non héminique est d’environ 5 % (de 2 % à 20 %). La différence d'absorption est attribuable à la présence de certains composés dans les végétaux (acide phytique et tannins). La vitamine C, les protéines et le fer héminique améliorent l’absorption du fer non héminique.