Chlore

Description

Le chlore (symbole Cl dans le tableau périodique des éléments) à proprement parler est un gaz qui n’existe pas à l’état libre dans la nature. En revanche, son sel, le chlorure, compte parmi les minéraux essentiels.

Au sein des aliments et de l’organisme, il se trouve principalement sous forme de chlorure de sodium ou sel. Le corps d’un homme de 70 kilos contient environ 8,4 g de chlorure.
1 g (1 000 mg) de sel correspond à 600 mg de chlorure et 400 mg de sodium.


Le chlorure est présent en faible proportion dans les cellules, mais abondant dans les liquides extra-cellulaires : liquide interstitiel situé entre les cellules et le sang. Il constitue un facteur important pour équilibrer les quantités d’eau à l’intérieur et à l’extérieur des cellules. Il est impliqué dans la régulation du pH (niveau d’acidité) sanguin. Au niveau de l’estomac, il sert à fabriquer de l’acide chlorhydrique, constituant du suc gastrique (qui participe à la digestion des aliments).

Le chlore est responsable du maintien de l'équilibre acido-basique (pH) dans l’organisme, de la régulation des fluides et de la transmission de l'influx nerveux.
La majorité du chlore est absorbé au niveau du tractus gastro-intestinal, et l'excès est éliminé via les urines. Sa concentration reste stable dans le sang (variant en général entre 95 et 107 mmol) avec une légère baisse après le repas (la production par l’estomac d'acide chlorhydrique utilise alors le chlore de la circulation sanguine).Sa concentration varie normalement en parallèle avec celle du sodium.

Le chlore s’associe au sodium ou au potassium pour jouer les rôles suivants :

  • réguler la pression osmotique, soit l’équilibre entre les liquides extracellulaires et intracellulaires. Il permet donc de maintenir, avec le sodium, un bon état d’hydratation.
  • maintenir l’équilibre acido-basique
  • favoriser, indirectement, le transport du CO2 dans le sang

Du fait que le chlorure est abondant dans l’alimentation sous forme de chlorure de sodium (sel), les scientifiques considèrent que sa consommation excède les besoins.

Apport adéquat en chlorure en mg par jour 

  • Enfants de 0 à 6 mois 180
  • Enfants de 7 à 12 mois 570
  • Enfant de 1 à 3 ans 1500
  • Enfants de 4 à 8 ans 1900
  • Enfants de plus de 8 ans et adolescents 2300
  • Adultes de moins de 50 ans 2300
  • Femmes enceintes ou allaitantes 2300
  • Adultes de 51 à 70 ans 2000
  • Adultes de plus de 70 ans 1800


A savoir :

Les sportifs d’endurance et les travailleurs de force exposés à la chaleur ont un besoin supérieur en chlorure et en sodium, compte-tenu de pertes importantes dans la sueur. Il est recommandé aux sportifs de s’hydrater avec une boisson comportant 1200 mg de chlorure de sodium par litre.

Les sels dits de régime ou allégés en sodium sont principalement composés de chlorure de potassium.

Les reins jouent un rôle important dans la régulation du chlorure dans le corps. Soulignons que « le rein et le foie contribuent au maintien du pH du milieu intérieur mais la question de la hiérarchie de leurs interventions reste posée. ».

Ainsi, un déséquilibre de cet électrolyte peut être lié à un problème en rapport avec ces organes. Un déséquilibre peut également être causé par d'autres conditions, comme le diabète ou une déshydratation de l’organisme sévère, qui peuvent affecter la capacité des reins à maintenir l'équilibre des chlorures.

Les reins sont responsables du maintien de l'équilibre total des chlorures corporels. Ils maintiennent l'homéostasie car chaque rein est composé d'un million d'unités fonctionnelles, les néphrons (« Unité fonctionnelle du rein, constituée d'un glomérule et des tubes rénaux qui s'y rattachent. »).

Une partie ou la totalité du chlorure filtré par la partie initiale de chaque néphron, le glomérule, sera réabsorbée à la suite du processus de transport actifs et passifs le long des tubules (comprenant chaque néphron. 


Dangers du chlore sur la santé

Des études ont montré une influence de la chloration des piscines sur le risque d'asthme et de rhinites allergiques, soit à cause du chlore, soit à cause des produits secondaires ou sous-produits que son usage génère qui peuvent aussi en cas d'exposition chroniques affecter le personnel travaillant dans les piscines qui peuvent être toxiques ou génotoxiques.

Le chlore irrite le système respiratoire, spécialement chez les enfants et les personnes âgées. Une forte exposition au chlore peut entraîner un asthme induit ou syndrome de Brooks. Cet asthme serait prédisposé par l'exposition chronique à l'air des piscines intérieures qui s'accompagne d'une destruction des cellules de Clara (cellules protectrices situées dans les poumons).

Dans son état gazeux, il irrite les membranes des muqueuses et dans son état liquide, il brûle la peau. Il suffit de 3,5 ppm pour distinguer son odeur, mais ce gaz est mortel à partir de 1 000 ppm pour une bouffée d'environ une minute. L'exposition à ce gaz ne devrait donc pas excéder 0,5 ppm (valeur d'exposition moyenne pondérée sur 8 heures, 40 heures par semaine).

Sur les sites industriels, la détection du chlore est primordiale pour la sécurité des personnes, ainsi des détecteurs sont mis en place. L'Institut national de recherche et de sécurité (INERIS) a réalisé une étude indépendante sur cinq détecteurs de chlore à la demande de l'EXERA.

Son utilisation pour la désinfection de l'eau potable ou des piscines génère des sous-produits dangereux, dont certains gazeux comme les chloramines, particulièrement au contact de la sueur et de l'urine. Certains sont toxiques, d'autres peuvent entraîner des défauts de naissance, d'autres encore sont génotoxiques et enfin certains sont des cancérigènes connus.

D'autres effets secondaire du chlore dans l'eau potable seraient lié à ses caractéristiques très oxydantes avec pour conséquences des irritations de la peau et une sensation de sécheresse en bouche conduisant parfois à un défaut d'hydratation. La plupart des filtres à base de charbon actif éliminent facilement le chlore par adsorption, au risque toutefois d'entraîner alors dans le réservoir à température ambiante une prolifération microbienne.

Carence

Les symptômes d’hypochlorémie (taux de chlore bas) les plus courants comprennent :

  • une perte de liquide (transpiration excessive,…) ;
  • une déshydratation de l’organisme ;
  • une faiblesse ou de la fatigue (asthénie) ;
  • une difficulté à respirer (respiration rapide) ;
  • une diarrhée ou des vomissements ;

l’hypochlorémie peut aussi souvent accompagner un trouble de l'équilibre hydroélectrolytique appelé « hyponatrémie » (faible quantité de sodium dans le sang) ;
des troubles du rythme cardiaque.
Étant donné que les niveaux d'électrolytes dans le sang sont régulés par les reins, un déséquilibre électrolytique tel qu'une hypochlorémie peut être causée par un problème en rapport avec les reins.

Généralement, les personnes peuvent corriger les anomalies électrolytiques qui ne sont pas associées à une maladie cardiaque, rénale ou hépatique sous-jacente grave en évitant certains médicaments qui peuvent interférer avec l'absorption des substances essentielles, ainsi qu’avec une alimentation et une hydratation suffisante de l’organisme.

Excès

L’effet du sodium sur l’augmentation de la tension artérielle n’intervient qu’en cas d’apport simultané en chlorure, autrement dit sous forme de sel. Apporté sous d’autres formes, par exemple du bicarbonate de sodium, il ne semble pas avoir d’impact sur la pression artérielle. Il en est de même du chlorure s’il n’est pas associé à du sodium, notamment consommé sous forme de chlorure de potassium. L’augmentation de la tension artérielle semble proportionnelle à l’apport de chlorure de sodium. Elle dépend toutefois de la sensibilité de chacun, plus importante chez les personnes âgées, diabétiques ou obèses.

Quand la concentration de chlore dans le sang est trop élevée, on parle d’hyperchlorémie. Elle est souvent associée à une déshydratation, dont l’origine peut être multiple. Normalement lorsque le chlore est en excès dans le sang, il est éliminé dans les urines, mais dans de rares cas, il augmente et va causer différents symptômes : respiration rapide, faiblesse musculaire, vomissement…
Une hyperchlorurie peut traduire :

Une perte d'eau d'origine rénale : diurèse osmotique, diabète insipide, coma hyperosmolaire du diabétique
Une intoxication aux salicylés
Une insuffisance corticosurrénale (maladie d'Addison)

Un bon niveau de bicarbonate de sodium aide à maintenir le sang à un pH neutre, tandis qu’une perte de bicarbonate de sodium peut être causée par :

  • une insuffisance cardiaque ;
  • une cirrhose hépatique ;
  • une insuffisance rénale ;
  • une potomanie (désigne le fait de boire excessivement, plus de 15 litres d’eau en 24 heures) ;
  • une hypothyroïdie ;
  • une insuffisance surrénalienne ;
  • des pertes rénales, causées notamment par des diurétiques ;
  • ou encore des pertes gastro-intestinales, comme des vomissements ou des diarrhées.
  • Ingestion de médicaments ou de toxiques.
  • une accumulation de corps cétoniques et d'acide lactique. Une acidocétose est une complication fréquente du diabète de type 1 mais elle survient également dans le cas d'un alcoolisme chronique, d'une dénutrition et, dans une moindre mesure, d'un jeûne. 
  • Elle peut également être causée dans de plus rares cas par d’autres conditions comme certains types de traitements médicamenteux (laxatifs, diurétiques, corticostéroïdes, chimiothérapie, etc.).


Les causes potentielles de l'introduction d'une trop grande quantité d'acide dans le sang comprennent :
l’ingestion accidentelle de chlorure d'ammonium, d'acide chlorhydrique ou d'autres sels acidifiants ;
la prise en excès de solution saline ;

Les symptômes qui accompagnent l'hyperchlorémie peuvent inclure :

la fatigue ;
une faiblesse musculaire ;
une soif excessive ;
des muqueuses sèches ;
de l’hypertension artérielle.


D’autre part, on remarque que certains patients peuvent ne pas ressentir de symptômes visibles d'hyperchlorémie. La condition n'est parfois même pas remarquée avant un test sanguin de routine.
Le chlorure n’est pas cancérigène. Mais, l’excès de chlorure de sodium (sel) augmente le risque de cancer de l’estomac, en irritant la muqueuse gastrique et en facilitant la colonisation par Helicobacter Pylori (germe en cause dans les ulcères de l’estomac).

Des apports élevés de chlorure de potassium, sous forme de substitut du sel ("sel de régime") ou de compléments, peuvent être à l’origine de symptômes gastro-intestinaux, d’un simple inconfort à une ulcération de la muqueuse digestive. Toutefois, les chercheurs ne savent pas si ces effets doivent être attribués à l’excès de chlorure ou à celui de potassium.

Sources alimentaires

Le chlorure est naturellement présent en faible quantité dans la plupart des aliments (fruits, légumes, viandes, poissons, œufs…), sous forme de chlorure de sodium ou de potassium. 

Mais, les produits qui en fournissent le plus sont ceux qui sont salés ou fumés, c’est-à-dire additionnés de chlorure de sodium : aliments en saumure, charcuteries sèches ou fumées, poissons fumés, fromages, sauces, pain, sel, bouillon de boeuf déshydraté, anchois et olives à l'huile,  ketchup, 

Les aliments non transformés qui contiennent le plus de sodium.

Les tomates (la teneur en chlorure d'une tomate n’est pas impliquée dans un risque de maladie cardiaque grâce à la présence en grande quantité de lycopène, un pigment naturel).
Les légumes à feuilles (laitue, céleri, etc.).
Les olives.
Les algues.
Le seigle.