Ronce

La ronce

La ronce commune est tout simplement un mûrier sauvage. Il s'agit d'un arbuste avec de longues branches souples, épineuses. Il est possible de trouver des ronces dans les haies des bords de chemins ou encore les lisières de bois.

Comment utiliser la ronce au quotidien et quelles sont ses vertus ? Zoom sur la ronce et ses fruits.

En cuisine

Tout se mange dans la ronce
Le fruits de la ronce sont consommés depuis toujours, notamment par les Amérindiens qui en récoltaient et en récoltent toujours de très grandes quantités.

Pour préserver ces fruits, les Amérindiens les ramassaient immatures et les conservaient dans des caches sous terre. Plus au nord, on les gardait dans des sacs de peau de phoque ou dans de la graisse de phoque ou de poisson-chandelle.

Les Amérindiens les faisaient parfois cuire, puis ils les écrasaient et les faisaient sécher en une sorte de pâte de fruits. Il suffisait ainsi de casser un morceau au besoin et de l'ajouter au plat du jour.

Il était également possible de faire sécher les fruits de la ronce tels quels pour les utiliser plus tard dans les sauces, les puddings ou la pâte à pain.

Les Amérindiens en faisaient de la « crème glacée » en les fouettant avec de la graisse de phoque, ils les marinaient avec des feuilles de patience (une plante proche de l'oseille, qui appartient au même genre botanique). Puis ils les mélangeaient avec d'autres baies comestibles ou avec du sucre d'érable.

Les fruits de la ronce pouvaient par ailleurs être consommés sous forme de jus que les Amérindiens consommaient sur-le-champ, car ils ne se conservaient guère.

Évidemment, il est possible de faire des tartes, des gelées, des confitures, des sirops, du vin, du vinaigre (le célèbre vinaigre de framboise) et d'excellentes liqueurs.

Les jeunes pousses de l'année, appelées d'ailleurs turions, peuvent également être consommées, tout comme les pousses de l'asperge. Il suffit de les peler soigneusement, puis de les manger crues ou de les faire cuire comme légume pour accompagner le gibier.

Il est possible de faire les jeunes pousses de l'année en conserves pour l'hiver ou des marinades.

Les Amérindiens fabriquaient une sorte de bière en faisant bouillir ensemble les tiges et les fruits, puis en ajoutant de la levure et du sucre et en laissant fermenter le tout quelques jours.

Les pétales des fleurs de toutes les espèces sont comestibles peuvent être ajoutés aux salades de fruits ou de légumes.

Consommer les feuilles
Les feuilles constituent une excellente infusion et on les a souvent substituées au thé, très cher ou très rare.

Riches en tanin, les feuilles possèdent l'astringence que l'on recherche dans cette boisson.

En Chine et en Europe, il était d'usage de faire fermenter légèrement les feuilles dans le but d'en accroître la saveur, tout comme on le fait pour produire le thé noir.

La technique est simple : laissez flétrir les feuilles à l'ombre dans un endroit humide où la température oscille entre 25 et 40?°C en les empilant en couches bien tassées d'une dizaine de centimètres.

Au bout de quelques heures, voire d'un jour ou deux, selon l'intensité que l'on recherche et la température ambiante, elles auront pris une couleur foncée. On les fera alors sécher à l'air libre dans un endroit sec, en veillant à bien les détacher les unes des autres.

Comme pour le thé, on peut s'en servir pour fumer du poisson, de la viande ou des légumes.

En Europe, le « thé des familles » faisait partie de la tradition. Composé de mélanges de plantes dont la recette variait d'une région à l'autre, voire d'une chaumière à l'autre.

Le thé comprenait presque invariablement des feuilles de ronce, de cassis, de framboisier et de fraisier en proportions variables. À cela, on ajoutait au gré de l'humeur ou de la saison, des feuilles de menthe poivrée, des fleurs de tilleul, du serpolet, etc.

Très souvent, les feuilles de toutes ces plantes étaient préalablement mises à fermenter. Une fois séchées, on préparait le mélange familial que l'on conservait dans des boîtes en fer blanc.

Les feuilles de Rubus peuvent servir à clarifier le vin.

Très rarement, on entend dire que les bourgeons ne sont pas comestibles. Pourtant, ils sont absolument délicieux, crus, ajoutés à une salade de fruits. Ils ont une saveur complexe, à la fois fruitée et tanisée qui rehaussera un plat un peu fade.

Il est vrai qu'il faut beaucoup de temps pour les ramasser, si bien que l'on préfère généralement les réserver aux emplois médicinaux.

Propriétés médicinales

Dans la phytothérapie française, il existe une différence entre le framboisier et le mûrier sauvage. Cependant, en regardant de plus près, nous remarquons que leurs propriétés se recoupent largement.

Ainsi, ces deux plantes sont astringentes et diurétiques et leurs feuilles ont été employées indifféremment pour soigner divers troubles menstruels ainsi que les irritations de la bouche et de la gorge.

Toutefois, la ronce est censée être légèrement constipante tandis que le framboisier serait plutôt laxatif, ce qui étonne vu sa teneur en tanin.

De plus, la tradition a établi un certain nombre d'indications spécifiques à chacune des deux plantes. Ainsi, c'est la feuille du framboisier rouge (R. idaeus) que l'on recommande aux femmes enceintes pour tonifier leur utérus et les préparer à l'accouchement, tandis que c'est la feuille de mûrier sauvage (R. caesius) qui est réputée utile aux diabétiques.

Aucune espèce quelle qu'elle soit n'est toxique, dangereuse, dommageable ni ne provoque d'effets secondaires, si l'on exclut les blessures causées par les dards acérés placés stratégiquement sur les tiges.

Les feuilles, appliquées sur ces blessures, apporteront un soulagement immédiat et contribueront à en accélérer la guérison.

Aux États-Unis, on a employé la décoction de l'écorce de la racine de mûrier pour soigner la diarrhée.

En Chine, on considère d'ailleurs que l'écorce de la racine de mûrier est beaucoup plus efficace que les autres parties de la plante et on l'utilise chaque fois que possible.

Les fruits ou leur jus ont souvent servi en médecine. Ainsi, dans la Grèce antique, on employait les mûres contre la goutte.

Le jus de framboise serait efficace contre la cystite tandis que la confiture de mûres a servi à soigner le rhume et que le cordial à base de jus de mûre, de sucre, d'épices et de brandy était employé pour soigner la diarrhée ou d'autres problèmes intestinaux.

Les préparations culinaires à base de framboises et de mûres se doublaient très fréquemment d'une fonction médicale.

Quant aux fruits séchés, qui sont peu intéressants pour la consommation parce qu'il ne reste pratiquement plus que les pépins, ils ont servi à faire de bienfaisantes infusions. On peut s'en servir aussi pour agrémenter une infusion insipide ou camoufler la saveur trop marquée d'une plante médicinale.

Bienfaits des feuilles
Les feuilles et les bourgeons du mûrier sauvage ont servi à soigner l'hémoptysie, les hémorroïdes, la diarrhée, la dysenterie, les oliguries et le diabète.

Par voie externe, les feuilles de framboisier ou de ronce peuvent soigner les blessures légères. En bain de bouche et en gargarisme, elles soignent :

l'angine ;
la gingivite ;
la glossite ;
la pharyngite ;
la laryngite ;
les névralgies dentaires ;
les plaies atones, propriété qu'elles doivent à leur astringence.
Quelle que soit l'espèce choisie, on prépare les feuilles par décoction, en faisant bouillir pendant deux ou trois minutes l'équivalent d'une poignée par litre d'eau. Cette décoction servira pour les usages tant externes qu'internes.

Il y avait jadis une pratique qui consistait à mettre dans un bocal des bourgeons de ronce fraîchement récoltés et de les exposer au soleil.

Au bout de quelques jours, un suc sirupeux s'en écoulait. On le récupérait, l'étendait d'un peu d'eau et utilisait cette préparation en pansements sur les plaies ou encore en gargarisme contre les angines.