Tussilage Tussilago farfara

Tussilage pas d'âne

Divers

Elle a la particularité de fleurir bien avant la feuillaison. Les fleurs de tussilage sont récoltées au tout début de leur épanouissement, sinon, trop ouvertes, comme chez les astéracées, leurs fruits murissent au séchage. Elles doivent sécher très rapidement, en couche mince, dans un lieu sec et aéré.

Les feuilles du tussilage teignent la laine en jaune-verdâtre avec de l'alun et en vert avec du sulfate de fer

Composition

La feuille contient du mucilage (6 à 10 %), une résine, du tanin, une huile essentielle, de l'inuline, de la vitamine C, des sels minéraux (Ca, Mg, P, K, Na, S, Fe, Si), des alcaloïdes pyrrolizidiniques15 (senkirkine majoritaire, sénécionine) et une substance antibiotique.
Les feuilles contiennent beaucoup de salpêtre. Leur calcination produit 15,40 à 18,20 % de cendres dont la composition est la suivante :

Composé pourcentage
potassium 28,23
sodium 2,36
magnésium 8,86
phosphore 4,44
soufre 20,55
acide silicique 7,52
chlore 7,82
La fleur, quant à elle, contient des flavonoïdes (rutoside, hypérine, quercétine, kaempférol et leurs glucosides), environ 8 % de mucilage (composé de polysaccharides), 10 % de tanins, des alcaloïdes pyrrolizidiniques (senkirkine majoritaire, sénécionine à l'état de traces), un ester sesquiterpénique (tussilagone), de la vitamine C et du zinc.

Précautions

On sait que la plupart des alcaloïdes pyrroliziniques sont hépatotoxiques et mutagènes et que les plus toxiques d'entre eux sont les diesters macrocycliques. Or la senkirkine du tussilage est précisément un macrocyclique.
Une forte dose de fleurs de tussilage peut développer un sarcome du foie et  induire des tumeurs hépatiques. La senkirkine a une activité mutagène.

 La présence de senkirkine invite certains à proscrire l'usage régulier de tussilage.

En cuisine

Les capitules floraux sont comestibles crus ou cuits mais à consommer en petite quantité car contenant des alcaloïdes.
En tisane, le risque est moindre car ces alcaloïdes ne sont pas solubles dans l'eau.
Les feuilles sont comestibles très jeunes, éventuellement crues, en particulier pour leur pétiole juteux. Rapidement, les feuilles deviennent caoutchouteuses et seront meilleures cuites (particulièrement en beignet).
Avec les cendres des feuilles séchées, on a confectionné un substitut de sel qui présente l'intérêt d'être beaucoup plus riche en chlorure de potassium qu'en chlorure de sodium et, par conséquent, d'être très apprécié des personnes qui doivent suivre un régime sans sel. On le prépare en faisant d'abord sécher les feuilles puis en les faisant brûler (à l'extérieur, il va de soi) par petites quantités dans un récipient de métal. On recueille les cendres que l'on tamisera ensuite et conservera dans un contenant hermétique.
Plante à fumer
Le tussilage est un succédané passable du tabac. Il est conseillé de laisser fermenter les feuilles après les avoir empilées puis de les sécher. Botan (1935) conseille aux fumeurs un mélange à parts égales de feuilles sèches de tussilage, de marronnier et d'aspérule odorante : les faire macérer dans de l'eau fortement sucrée au miel. Les refaire sécher, les comprimer et les découper finement comme du tabac. Deux parties de ce mélange ajoutées à une partie de tabac ordinaire compose un mélange à fumer délicat. Fumées, les feuilles de tussilage sont conseillées par P. P. Botan contre l'asthme et le coryza. L'un des plus anciens et meilleurs remèdes pectoraux, selon le docteur Jean Valnet ; particulièrement efficace contre la toux chronique accompagnant la silicose et l'emphysème, selon le docteur Fritz Weiss, qui souligne toutefois que l'infusion n'apporte qu'un soulagement symptomatique, ces deux maladies étant incurables. On en prend une tasse le matin, dès le réveil, au moment où la toux est la plus forte, puis une autre le soir au coucher. On peut également le préparer en ajoutant du ményanthe, de l'euphraise, de la bétoine, du romarin, du thym, de la lavande et de la camomille.

Les racines ont servi à préparer des bonbons contre la toux. 

Propriétés

Le médecin grec du ier siècle, Dioscoride, « Les feuilles pilées guérissent de l'« erysipela » [infection de la peau] et des inflammations. Si on les sèche et brûle, la fumée inhalée à travers un entonnoir par la bouche guérit ceux affectés d'une toux sèche ou ayant des difficultés à respirer…
Une étude sur les extraits de la plante entière a suggéré que les polysaccharides pourraient renforcer les défenses immunitaires et avoir une action anti-inflammatoire. le tussilage était traditionnellement utilisé pour soigner les coups de froid, les maladies pulmonaires, les plaies et les blessures.
Li Shizhen (1518-1593), considéré par les Chinois comme le plus grand médecin naturaliste de l'histoire chinoise, synthétisa dans son Grand traité de matière médicale (Bencao gangmu) les connaissances médicinales de son temps. Il prescrit pour traiter la toux des fumigations faites avec des fleurs de tussilage mélangées à du miel.Le tussilage est aujourd'hui considéré comme adoucissant, émollient, anti-tussif et expectorant.

Ses feuilles ou fleurs sont utilisées en infusion contre la toux, la bronchites, la trachéites et le rhumes. La teinture mère de feuilles est utilisée en usage externe en cas d'abcès et kystes, et en usage interne en cas de diarrhées.
Mais ce sont surtout les fleurs qui sont employées ; en infusion ou en sirop ; ou encore en teinture mère en cas de maladies pectorales, bronchites et crises d'asthmes allergiques.

La plante renferme des traces de senkirkine, un alcaloïde pyrrolizidinique toxique pour la cellule hépatique. Certains spécialistes jugent les doses médicinales courantes sans risques, mais recommandent d'éviter les traitements excessifs et prolongés ou lors d'une grossesse et de l'allaitement. Il ne convient pas aux enfants de moins de 6 ans, ni en cas de maladie du foie.

Par voie externe, on peut appliquer les feuilles, fraîches ou macérées toute la nuit dans l'eau, sur les plaies qui tardent à guérir, les brûlures, entorses, tumeurs externes. La décoction des feuilles peut en outre soigner l’hyperhidrose des pieds. On la prépare en faisant bouillir une dizaine de minutes une poignée de feuilles dans un litre d'eau. Laisser refroidir jusqu'à ce que la température soit tolérable et prendre un bain de pieds.

Mélange de fleurs pectorales

Que trouve-t-on dans ces mélanges ? Une variation de différentes fleurs : bouillon-blanc, coquelicot, mauve, guimauve, pied de chat et violette.

Que trouve-t-on comme point commun de toutes ces plantes ? Pour vous rappeler, pensez à la douceur des boules de guimauve. Elles sont souples, elles sont humides. Tout ceci nous fait penser aux mucilages, ces grosses molécules qui sont techniquement des polysaccharides et qui se gonflent d'eau. Ce sont des petites éponges d'une grande douceur.

Et cette douceur va calmer l'inflammation. Spécifiquement ici avec ces fleurs pectorales, on calme l'inflammation du pharynx, du larynx, de la trachée et des bronches. Donc vous suivez tout le chemin respiratoire jusqu'en bas dans les poumons.Les mucilages de ces plantes apaisent le réflexe de toux sans bloquer. Et elles le font d'une manière efficace et mesurable.
c'est une action réflexe au travers du système nerveux. Et plus spécifiquement, au travers du nerf vague.

Le nerf vague, c'est un nerf qui appartient au système nerveux autonome, au système nerveux parasympathique pour être précis, et il est connecté aux organes du système digestif et du système respiratoire. L'autre nom de ce nerf, c'est le nerf pneumo-gastrique, un nom que je trouve beaucoup plus descriptif. Pneumo - donc qui est connecté aux poumons, et gastrique, connecté au système digestif.

Je vous explique l'action réflexe des mucilages. On va adoucir toute la muqueuse digestive par contact. Et cette muqueuse digestive est innervée, elle contient des récepteurs nerveux, qui vont capter ce signal adoucissant des mucilages, et qui vont le véhiculer vers les autres organes connectés au nerf vague, poumons y compris.

Donc je répète : ce signal adoucissant, ce signal apaisant serait véhiculé par le système nerveux.
surtout pour calmer les toux qui sont sèches et inflammatoires. On parle d'inflammation des voies respiratoires supérieures, qui sont plutôt localisées au niveau de la gorge.

On parle ici des toux allergiques. Des toux chroniques.

On peut aussi les employer lorsqu'il y a inflammation un peu plus bas dans les bronches. Des conditions d'asthme, des conditions de bronchopneumopathie chronique. La toux du fumeur.

Bien sûr voir avec votre médecin pour toutes ces conditions, comme vous le savez je ne suis ni médecin ni pharmacien.

Lorsqu'il y a toux grasse, lorsqu'il y a aussi production de mucus, le tussilage peut rendre service, car il a aussi une petite action expectorante. En revanche, on voudra souvent rajouter des plantes plus efficaces de ce point de vue-là, qu'on appelle mucolytiques et expectorantes, des plantes riches en substances aromatiques comme le thym ou l'eucalyptus, des plantes riches en glucosinolates comme la roquette sauvage ou le radis noir ou autre. Souvenez-vous la discussion qu'on a eu il y a quelques mois sur la roquette sauvage.

Car les plantes riches en mucilages ne sont pas suffisantes dans ces situations de toux grasse. Il faudra aussi quelque chose de plus énergique, quelque chose qui fait remonter ce mucus, qui évite la stagnation. Donc personnellement pour une toux grasse, je fais souvent une grande majorité de mon mélange en plantes mucolytiques et expectorantes, et un petit pourcentage en mucilagineuses. Tout ceci je vous l'explique en détail dans mon programme sur l'immunité et les problématiques hivernales, respiratoires et ORL.

C'est d'ailleurs ce qui m'embête un peu avec le nom qu'on a donné au mélange de fleurs dont je vous ai parlé il y a quelques minutes, le fameux mélange de plantes pectorales. Car le nom, pectoral, implique la poitrine, donc on est plutôt dans la sphère pulmonaire, avec toux grasse, et pour moi il manque une grosse partie mucolytique et expectorante dans ce contexte.

Bien, à ce stade je vous propose qu'on referme cette longue discussion sur la partie respiratoire, et qu'on parle d'autres propriétés du tussilage en commençant par une petite analyse rapide de ses constituants.

Composition

Des mucilages. Une forte proportion d'ailleurs, entre 6 et 10% du poids sec, c'est beaucoup.
Des tanins, autour des 5%.
Et des flavonoïdes, quasiment 1%.
Ces 3 classes lui donnent un pouvoir anti-inflammatoire vraiment intéressant. On va avoir un effet systémique, comme on l'a vu avec les poumons, mais un effet par contact aussi.

Titre du paragraphe

Peau et muqueuses
C'est pour ça que le tussilage était utilisé pour les plaies, ulcères, furoncles. On a cette combinaison de constituants qui tonifient et tannent les tissus, qui adoucissent, qui calment l'inflammation. Donc souvenez-vous de cette action par contact.

C'est une action qu'on peut appliquer à toute inflammation de la bouche, de la gorge, de l'estomac et d'une manière générale, de tout le système digestif. C'est un peu la petite pharmacie complète. Souvent pour les inflammations digestives, dans un mélange, on essaie justement d'avoir un peu de tanins, un peu de mucilages. Et bien là, on a tout en un.



Parties utilisées
Pour les parties utilisées, on utilise les feuilles et les fleurs, les deux s'utilisent. Les fleurs contiennent moins d'alcaloïdes pyrrolizidiniques que les feuilles. On va reparler de ces alcaloïdes dans quelques minutes.

Quantités et dosages
Pour les quantités à utiliser :

Chez Valnet : infusion des fleurs, 1 cuillère à dessert pour une tasse d'eau bouillante, 3 ou 4 tasses par jour, entre les repas. C'est l'infusion que je suis en train de boire.
Chez Fournier : infusion des fleurs, 20 à 30 g par litre d'eau, 2 à 4 tasses par jour. Fournier recommande de passer la tisane sur un linge pour retirer les débris qui, je cite, "irriteraient violemment la gorge". C'est d'ailleurs ce que j'ai fait avec mon infusion.
On pourrait utiliser la forme teinture ou alcoolature, bien que ce ne soit pas la bonne forme pour récupérer tous ces mucilages. Il y a aussi le fait que l'alcool, en tant que solvant, va faire un bien meilleur travail pour extraire les alcaloïdes pyrrolizidiniques qui sont problématiques pour notre santé et dont nous allons parler maintenant.




Précautions

Dans le tussilage, il y a une classe de constituants qui s'appelle les alcaloïdes pyrrolizidiniques, qui vont nous faire hésiter ici, car ce sont des constituants qui ont une toxicité hépatique. Donc ils peuvent abîmer le foie, c'est quelque chose de bien connu. Ces alcaloïdes sont transformés en pyrroles qui détruisent les petits vaisseaux dans le foie et peuvent provoquer une maladie veino-occlusive hépatique.

Pour être encore plus précis, ce sont surtout les alcaloïdes pyrrolizidiniques insaturés qui sont problématiques. 

Bien sûr, tout dépend des quantités et des durées de prise. 
Il s'avère que le tussilage contient certains de ces alcaloïdes, la senecionine et la senkirkine par exemple. Senecionine que l'on retrouve dans le séneçon d'ailleurs, d'où le nom.

On gardera néanmoins la précaution "pas pour utilisation prolongée, pour le court terme uniquement". Notre foie est assez agressé comme ça aujourd'hui, pas besoin d'en rajouter.