protéines
Attention
Description
Les protéines sont dites essentielles à l’homme, car il ne sait pas les fabriquer à partir d’autres nutriments (contrairement aux glucides par exemple) : elles doivent donc être apportées obligatoirement par l’alimentation.
Les protéines sont des nutriments avec une très grande importance biologique et des macromolécules qui constituent le nutriment principal dans la formation des muscles de notre corps.
Les protéines transportent les substances grasses dans le sang pour augmenter les défenses de notre organisme. Il est indispensable d’en consommer quotidiennement pour un régime sain et équilibré. Manger des aliments riches en protéines est très important pour une alimentation équilibrée.
Avant de poursuivre avec les protéines, il faut considérer qu’elles déroulent toutes les fonctions biologiques de chaque organisme vivant.
Les protéines ont une structure chimique centrale constituée par une chaîne linéaire d’acides aminés doublée dans une structure tridimensionnelle qui lui permet de réaliser leurs fonctions.
Tout le matériel génétique de chaque organisme est codifié dans les protéines, où se spécifie une séquence d’acides aminés synthétisée pour créer les macromolécules (les protéines tout court).
Il y a 20 acides aminés (ou aminoacides) qui se combinent parmi eux pour former chaque type de protéine.
Composition
Les protéines sont composées de carbone, d'hydrogène, de nitrogène, d'oxygène et encore de soufre, de fer, de phosphore et de zinc.
Dans les cellules les protéines constituent plus de 50% de leur poids sec.
Les protéines sont le nutriment principal pour la formation des muscles du corps.
Selon leur composition, on classe les protéines en deux groupes: protéines simples et protéines complexes.
Les protéines simples ne produisent que les acides aminés µ, comme l'ubiquitine, à travers un processus d'hydrolyse.
Les protéines complexes se composent d'une chaîne polypeptidique et un groupe prosthétique, qui n'est pas un acide aminé. Il pourrait s'agir d'un acide nucléique, d'un lipide, d'un sucre ou tout simplement d'un ion inorganique. La myoglobine, l'hémoglobine et les cytochromes sont des exemples de protéines complexes.
Elles peuvent aussi être classées en protéines fibreuses et protéines globulaires.
Nous appellons fibreuses, les protéines avec une dimension plus grande que les autres. Il s'agit de protéines avec une fonction structurale.
Dans les protéines globulaires, la chaîne polypeptidique est enroulée dans une structure sphérique plus ou moins compacte.
Qualité des protéines
Une protéine est de bonne qualité nutritionnelle si elle contient les huit acides aminés indispensables dans les proportions idéales c’est-à-dire dans les proportions adaptées aux besoins de l’organisme et si elle est parfaitement digestible.
Pour évaluer la qualité nutritionnelle d’un protéine, deux paramètres sont donc à prendre en compte : sa composition en acides aminés indispensables et sa digestibilité.
La composition en acides aminés indispensables
Ce paramètre est capital parce que dès lors que dans une protéine, un acide aminé indispensable est déficitaire, l’utilisation des autres acides aminés indispensables est limitée.
La digestibilité
C’est la capacité du tube digestif à absorber les acides aminés. Elle dépend de la structure de la protéine, des éventuelles transformations que cette structure a pu subir au cours de la préparation des aliments mais également de la présence de fibres, de polyphénols ou encore de facteurs dits « antinutritionnels » que l'on retrouve dans le soja et autres légumineuses, mais qui disparaissent lors de la cuisson.
La digestibilité des protéines animales atteint 93 à 100 %, celle des légumineuses (pois, pois chiches) ou du blé entier atteint des valeurs intermédiaires de 86 à 92 %, alors que d'autres légumineuses comme les lentilles ou les haricots secs ont une digestibilité de 70 à 85 %.
Varier les sources
L’idéal est de varier les sources
L’idéal est de consommer 50% de protéines animales et 50% de protéines végétales. Or, nous consommons actuellement trop de protéines animales au détriment des protéines végétales.
Afin de couvrir au mieux les besoins de l'organisme, il convient de varier ses sources de protéines. Dans les pays occidentaux, la consommation de protéines est de l’ordre de 100 à 120 g par jour dont 65 % proviennent des protéines animales.
D’une façon générale, les protéines animales ont des caractéristiques voisines : elles sont très digestibles, elles ont des teneurs élevées en acides aminés indispensables avec un profil assez proche de celui des besoins de l’homme.
Les protéines d’origine végétale proviennent pour l’essentiel des céréales (blé, riz, maïs) et des légumineuses (pois, haricots, soja, lentilles, fèves). Leurs caractéristiques nutritionnelles sont plus diverses que celles des protéines animales. Leur digestibilité est en moyenne légèrement inférieure et varie énormément d’une source à l’autre. Leur teneur en acides aminés indispensables est en général moins élevée (de l’ordre de 40 % des acides aminés) et leur profil plus éloigné de celui des besoins de l’organisme.
Toutefois, il est possible d’obtenir un apport en acides aminés indispensables suffisant avec des protéines végétales. Il suffit simplement de combiner les protéines dont l’acide aminé limitant n’est pas le même. Les céréales ont des teneurs particulièrement basses en lysine mais élevées en acides aminés soufrés (méthionine). Les légumineuses ont le profil complémentaire : elles sont déficitaires en acides aminés soufrés mais relativement riches en lysine. C’est la solution qui est adoptée par les végétariens pour disposer de tous les acides aminés indispensables.
Carences
Chez les adultes, l’apport nutritionnel conseillé en protéines de bonne qualité est de 0,8 g par kg de poids corporel et par jour, soit par exemple 44 g pour une femme de 55 kg et 60 g pour un homme de 75 kg. Ces besoins en quantités de protéines sont augmentés pour les sportifs qui souhaitent accroître leur masse musculaire et leurs performances.
Lorsque les protéines alimentaires viennent à manquer, l’organisme va les puiser dans ses propres muscles car il a besoin en permanence d’acides aminés pour fabriquer ses propres protéines. C’est la malnutrition protidique. Dans les pays industrialisés, les carences quantitatives sont exceptionnelles. En revanche, les carences qualitatives c’est-à-dire l’absence d’un des acides aminés indispensables sont plus fréquentes. Pour l’être humain, la carence en un seul acide aminé indispensable donne les mêmes effets à long terme qu’une carence totale en protéines.
Conséquences de carences en acides aminés essentiels
• fatigue
• chute de cheveux, ongles cassants
• baisse de la vue
• fragilité ligamentaire
• ostéoporose
• déficiences du système immunitaire (infections à répétition)
Excès
L’excès de consommation d’aliments protéiques peut avoir des conséquences néfastes : augmentation de l’urée, augmentation de l’acide urique (goutte), acidification de l’organisme ce qui favorise la perte osseuse.
Autre
On dénombre aujourd’hui entre 12 et 14 millions d’espèces animales et végétales sur Terre. La part que représentent les plantes est de 2,5%. Seul 0,1% des plantes (soit une trentaine d’espèces environ) constituent 90 % de l’alimentation végétale mondiale. Parmi ces espèces, plus de 50 % de notre consommation repose sur le blé, le maïs et le riz. Et si nous élargissions nos horizons culinaires pour consommer ces autres ressources naturelles que nous offre la planète ?
l’homme se nourrissait exclusivement de plantes que nous qualifierons de “sauvages” (par opposition à nos modes de culture aujourd’hui). La chasse et la pêche ne représentaient qu’une petite part de son alimentation. Avec la sédentarisation, l’homme a fait évoluer son alimentation en délaissant progressivement les ressources les plus éloignées de
son périmètre de vie. Il a développé l’élevage et la culture des sols autour de quelques espèces végétales. De nouvelles enrées issues du travail de ces ressources agricoles font leur apparition, comme la farine de blé pour le pain par exemple. Varier son alimentation et consommer des produits raffinés devient un symbole de richesse, et ce, dès l’époque médiévale.
Et pourtant, force est de constater, que cette diversité repose essentiellement sur une petite variété des ressources que nous
offre la nature. Le mode d’alimentation que nous suivons aujourd’hui, issu de l’industrie agroalimentaire, repose sur la sélection d’un petit nombre d’espèces, répondant le mieux à tous types de sols et de climats.
Ces espèces sont aussi les plus rentables, et les plus nourricières, deux valeurs essentielles ancrées dans nos gênes, en réponse à notre instinct de survie. Aujourd’hui, face aux difficultés que rencontre l’industrie agro-alimentaire, interrogeons nous sur nos méthodes de production et nos sources’alimentation et redécouvrons le patrimoine végétal naturel dont nous disposons.
Le plaisir de redécouvrir la nature pour une alimentation variée
Habitués que nous sommes à consommer essentiellement ce qui vient de l’étal d’un marchand (ou d’une grande surface) ou du potager, on en oublie que bon nombre de plantes sauvages sont comestibles, et que parmi celles-ci, il en est même qui sont savoureuses. Qu’elles poussent en pleine campagne ou dans notre jardin (les “mauvaises” herbes peuvent parfois se révéler très bonnes une fois dans l’assiette),ces plantes ont souvent été utilisées comme des légumes par nos ancêtres, avant l’apparition des variétés domestiques. D’autres ont été cultivées comme plantes potagères à une époque, avant d’être délaissées et chassées des jardins.
Et si l’on goûtait à nouveau à ces herbes sauvages.
Elles sont riches en nutriments, économiques (mieux : gratuites), aux saveurs douces ou au contraire prononcées, et affichant même parfois des propriétés médicinales. Soyez curieux, laissez-vous surprendre. Les spèces sont variées et la méconnaissance peut nous en éloigner. Heureusement il existe aujourd’hui pléthore d’ouvrages sur
le sujet qui pourront vous guider dans cet apprentissage pour le plus grand plaisir de vos papilles et du bien-être de votre corps. Qu’on se rassure : on compte environ 12 000 espèces végétales comestibles ! Alors prenez un panier, un couteau, un bon guide des plantes sauvages comestibles avec vous et partez sereinement effectuer vos premières cueillettes.
Cap sur quelques plantes méconnues de notre quotidien
L’onagre On la rencontre essentiellement en altitude (à partir de 700 mètres). Avec ses fleurs jaunes, elle peuple d’un bout à l’autre de l’année les champs et prairies. Les tiges couvertes d’un duvet légèrement piquant tiennent généralement à distance notre attention au cours de nos promenades. Pourtant les racines d’onagre ont des vertus nutritives importantes car elles ont accumulé toutes les réserves nécessaires pour la croissance de la plante. Leur goût ? En purée vous découvrirez un léger goût de noix très doux au palais. On peut aussi consommer ses graines, riches en acide gammalinoléique, acide de type Oméga 6.
L’ortie
Elle est composée des huit acides aminés que notre organisme ne peut pas synthétiser et qui doivent être apportées exclusivement par l’alimentation.
Ces acides aminés sont présents à proportions égales, c’est pour cela qu’on la qualifie de plante “complète”. Avec une teneur en protéines de 9 grammes pour 100 grammes d’orties consommées, elle prend la tête du classement devant les épinards. Comparativement, un morceau de viande rouge vous apportera entre 15 et 26 grammes de protéines. Ce n’est pas tout, l’ortie est riche en acides aminés, en fer, en sels minéraux (magnésium, potassium, calcium, silice…), en provitamine A, et en vitamine C (7 fois plus que les oranges).
Le plantain
Sans le savoir on connaît déjà cette plante pour avoir joué avec enfant, en cueillant les grappes de fleurs au bout de tiges. Qualifiée également de “mauvaise” herbe, elle nous étonne par ses vertus purifiantes et détoxifiantes du sang et du foie,
des poumons, et de l’estomac. Elle soigne également les piqures d’insectes, d’abeilles, de moustiques et soulage les petites
coupures. Riche en protéines, en oméga 3, 6 et 9, en vitamine C, en Phénol et Flavonoïdes (dont la lutéoline ou lutéolol), on lui
attribue aussi des propriétés pour lutter contre le cancer.
Faut-il revenir en arrière ?
Nombre d’articles évoquent l’importance de revenir “aux sources” pour marquer une rupture avec l’ère dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Plus simplement, n’est-il pas intéressant de cultiver l’envie de découvrir de nouvelles saveurs et de s’ouvrir aux nouvelles habitudes ? L’intégration de ces nouvelles habitudes doit être menée de façon raisonnée pour éviter des débordements comme le récent scandale du soja. Figure de mode depuis une dizaine d’années, le soja fait l’objet d’une agriculture intensive lourde de conséquences sur l’environnement. Pour se développer, le soja est extrêmement gourmand en eau. Au Brésil, pour cette culture 300 rivières ont aussi été asséchées. La forêt Amazonienne, considérée comme le plus grand poumon de la planète, est devenue le théâtre d’une destruction massive pour laisser place à la culture du soja.
Riches en antioxydants et vitamines
Les plantes sauvages sont plus riches en vitamines C et tanins - des molécules antioxydantes - que leurs homologues potagères. Luttant contre les prédateurs sans bénéficier des protections mécaniques ou chimiques (serres ou pesticides), les plantes sauvages produisent en effet davantage d’antioxydants, bénéfiques pour notre santé. Ainsi la fraise des
bois contient en moyenne quatre fois plus de vitamine C que la fraise cultivée (230 mg/100 g contre 56 mg/100 g) et le navet
sauvage deux fois plus que le navet classique (130 contre 60).
De plus, entre la récolte et l’assiette, à moins d’une surgélation immédiate, les végétaux peuvent perdre une grande partie de leurs vitamines durant leur transport ou leur stockage. La vitamine A est particulièrement sensible à la chaleur et à la lumière, les vitamines B1 et C à l’oxygène de l’air. La cueillette permet de bénéficier d’aliments frais une grande partie de l’année.
On entend souvent dire que les protéines animales sont supérieures aux protéines végétales. Pour certains, il s’agit d’un dogme... que d’autres remettent en question. Tâchons de voir ce qu’il en est réellement, à la lumière de découvertes récentes concernant les parties vertes, vivantes, des plantes.
Lorsqu’on parle des protéines que contient un aliment, on en considère tout d’abord la teneur, c’est à dire la quantité par rapport à un poids donné de l’aliment (en général 100 g). Non moins importante est la valeur de ces protéines. Car nous n’utilisons pas de la même façon toutes les protéines. Ces substances célèbres sont formées en particulier de plusieurs acides aminés, molécules azotées qui sont en quelque sorte les « blocs de construction » de notre organisme. Si celui-ci peut en synthétiser un certain nombre en décomposant les protéines que lui apportent nos aliments, il en existe huit qu’il ne peut fabriquer et qui doivent donc lui être fournis tels quels par notre nourriture (on aurait pourtant mis en évidence que la flore intestinale de certaines peuplades dites primitives en Nouvelle-Guinée aurait la faculté de synthétiser certains d’entre eux). Ces huit acides aminés essentiels portent les jolis noms d’isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane et valine. Un neuvième acide aminé est nécessaire au cours de la croissance.
Si les huit acides aminés essentiels sont présents dans des proportions à peu près semblables, on dit que la protéine est équilibrée ou complète, car notre corps peut l’utiliser efficacement. Mais il y a toujours un acide aminé dont la proportion au sein de la protéine est plus faible que les autres : il est dit limitatif. La capacité d’utilisation de la protéine par l’organisme est proportionnelle à cet acide aminé limitatif. Un peu comme la solidité totale d’une corde faite de plusieurs morceaux noués bout à bout est égale à celle du brin le plus faible. Donc si l’un des acides aminés d’une protéine est relativement très bas, la capacité d’utilisation de cette protéine par l’organisme sera également très basse. Comme si dans notre corde composés, une mince ficelle était intercalée entre des cordages de plus gros diamètre. La valeur nutritionnelle d’une telle protéine est faible.
Depuis que les savants du siècle dernier se sont penchés sur la nutrition, tout le monde en est venu à penser : protéine = bifteck, ou à la limite = œufs ou fromage... C’est que les tissus animaux, les laitages et les œufs ont une teneur importante en protéines (20-30%) et que la valeur de ces dernières est satisfaisante. Mais les produits animaux apportent en même temps à l’organisme une quantité importante de graisses saturées, dont l’excès est dangereux par son action sur le taux de cholestérol, ainsi que des purines, qui laissent des déchets toxiques. Et surtout, la production de protéines animales représente un gaspillage énorme. Il faut 5 kg de protéines végétales, directement utilisables par l’homme, pour faire 1 kg de protéines du lait, des œufs ou de la viande de poulet. Il en faut 7 kg pour produire 1 kg de protéines du porc. Et il en faut 17 kg pour 1 kg de protéines de bœuf.
Et quand on sait que les protéines végétales dont il est question sont produites en majorité dans le Tiers-Monde alors que les produits animaux sont surtout consommés dans les pays industrialisés, il est aisé de se rendre compte que ce gaspillage s’accompagne d’un déséquilibre à l’échelle planétaire.
La plupart des civilisations se sont édifiées grâce à l’utilisation des céréales et des légumineuses, sources d’énergie (de par leurs glucides) faciles à stocker et à utiliser. Depuis plusieurs années, de nombreuses personnes ont retrouvé cette alimentation ancestrale, longtemps jugée dépassée. Mais il n’est pas rare que les voix sentencieuses des diététiciens s’élèvent pour mettre en garde contre les dangers de carences possibles en protéines. Car si les céréales sont bien pourvues en protéines (8-18%) et si les légumineuses en regorgent (20-40%), la valeur de ces protéines laisse généralement à désirer, l’un de leurs acides aminés n’étant présent qu’en faible quantité. Les céréales sont déficientes en lysine, et souvent aussi en tryptophane, les légumineuses en méthionine.
Il serait donc théoriquement possible de manquer de protéines, puisque dans ce cas, elles ne sont pas équilibrées. Mais il a toujours été traditionnel sur tous les continents d’associer dans la nourriture quotidienne les céréales et les légumineuses : riz et soja en Extrême-Orient, blé (chapatis) et lentilles (dahl) en Inde, maïs (tortillas) et haricots en Amérique centrale, blé et lentilles, pois chiches ou fèves au Moyen-Orient, blé ou seigle (pain) et lentilles ou pois en Europe, etc. Lors de ces combinaisons au même repas, le corps absorbe des protéines complètes, la lysine des légumineuses complétant le manque de lysine des céréales, et vice-versa avec la méthionine. Des millions de personnes continuent à se nourrir de cette manière, avec de très rares apports de produits animaux, voire même aucun, sans que l’on constate de carence lorsqu’elles disposent d’une quantité suffisante de nourriture.
En 1733, un chimiste français, M. Rouelle, publiait une étude sur les « fécules » de plantes, où il signalait la présence dans toutes les parties vertes des végétaux étudiés d’« une matière absolument semblable à la matière glutineuse du froment » (le gluten du blé est essentiellement formé de protéines). Ceci n’intéressa guère les diététiciens car on estimait que les parties vertes des plantes (feuilles, jeunes pousses et tiges) ont une teneur en protéines trop faible pour être prises en compte dans l’apport alimentaire quotidien. C’est sans doute vrai dans une alimentation « classique », où l’on consomme très peu de légumes verts, généralement forcés à l’aide d’engrais solubles et arrosés à l’excès donc gorgés d’eau. Le cas est déjà différent chez les végétariens, qui consomment davantage de légumes, surtout lorsque ceux-ci sont de véritable qualité biologique, moins poussés et plus concentrés.
Les choses prennent encore une autre tournure si l’on se donne la peine d’étudier un peu les plantes sauvages, qui formaient une part très importante de l’alimentation de nos aïeux. Ces végétaux, qui poussent d’eux-mêmes aux endroits qui leur conviennent le mieux, présentent souvent d’étonnantes teneurs en protéines : 4,2% pour la bourse-à-pasteur et le chénopode blanc (« mauvaise herbe » haïe et pourtant légume apprécié depuis au moins 10.000 ans...), 4,5% pour la mauve et jusqu’à 9% pour l’ortie. Ceci en poids frais : pour pouvoir comparer ces teneurs à celles des céréales et des légumineuses, il faut les convertir en poids sec, ce qui donne 27% pour le chénopode et environ 40% pour l’ortie, soit davantage que la viande ou le soja !
Et tenez-vous bien, car c’est là qu’explose la bombe nutritionnelle : il s’agit de protéines complètes, équilibrées en acides aminés. Leur valeur nutritionnelle est équivalente à celle des œufs, supérieure à celle de la viande. Depuis une trentaine d’années, des travaux ont été entrepris sur les protéines foliaires aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Leur but est avant tout de réussir à extraire des protéines des feuilles des végétaux afin d’en nourrir les animaux à la place des tourteaux de soja, car les protéines vertes sont plus rentables. En France, le professeur Costes de l’Institut National Agronomique a publié le résultat des travaux de son équipe dans un remarquable ouvrage « Protéines foliaires et alimentation » (Gauthier Villars, Paris 1981), auquel nous emprunterons les citations suivantes.
Voici la phrase-clé : « [...] pour les acides aminés dits indispensables, on s’aperçoit que l’on n’a pas de carence en l’un des acides aminés dans l’ensemble des protéines foliaires. » C’est une constatation extraordinaire, qui remet en question la sacro-sainte supériorité des protéines animales. Mais les « protéines vertes » offrent encore plusieurs avantages. Des substances utiles les accompagnent, vitamines, enzymes et sels minéraux - les plantes sauvages sont de véritables « pilules multivitamines » ! « Le troisième avantage réside dans le caractère fonctionnel de ces protéines. La feuille est un organe capteur d’énergie, fixateur de CO2 et la plupart de ces protéines ont une fonction catalytique précise ; ainsi elles s’opposent aux protéines de réserve trouvées dans les graines, qui ont une fonction physiologique différée...
Au contraire, dans les feuilles, ce sont des protéines qui ont un rôle physiologique et biochimique immédiat. » (Les feuilles, et surtout les jeunes pousses, sont des parties vivantes, en pleine croissance, alors que les graines sont en dormance). « Le quatrième avantage est qu’elles sont présentes dans les feuilles, organes aériens faciles à ramasser... De plus, très souvent... les végétaux producteurs sont pérennes », ce qui représente une grosse économie d’énergie par rapport aux plantes annuelles, qui doivent être semées chaque année sur un terrain labouré.
Mais si les feuilles nous apportent les protéines nécessaires, elles ne renferment pas suffisamment de glucides pour subvenir à nos besoins. Il faudra donc les envisager en association à des aliments riches en hydrates de carbone comme les grains (céréales), les graines (glands, châtaignes, légumineuses,...) ou les « racines » (dont les rhizomes et les tubercules), comme cela s’est toujours fait. Il arrive par ailleurs que des substances toxiques, dites « facteurs antinutritionnels » limitent l’emploi de certaines feuilles, même de légumes courants comme l’épinard, riche en oxalates et souvent aussi en nitrates.
En fait, la consommation de feuilles n’est rien de nouveau : nous sommes consommateurs de protéines foliaires depuis très longtemps. Mais leur part dans notre alimentation n’a pas cessé de décroître au profit de celle des produits animaux, autrefois l’apanage des riches et donc symbole de statut. En ce qui concerne les légumes et les fruits, 95% des aliments que nous consommons sont constitués par une vingtaine d’espèces végétales. Or ce ne sont pas moins de 1 200 plantes sauvages comestibles qui ont déjà été recensées en Europe : il y a donc de quoi explorer.
Le problème des protéines est double. Chez nous, c’est la pléthore - et nombre de maladies de dégénérescence dites "de civilisation" sont dues au moins en partie à une surconsommation de protéines. Dans certaines parties du Tiers-Monde par contre, les carences existent. Nous n’avons pas à nous soucier dans nos pays riches de consommer davantage de protéines, mais il est de notre devoir d’en éviter le gaspillage. Un régime végétarien riche en légumes-feuilles, avec si possible un apport régulier de plantes sauvages, pourrait bien être le meilleur moyen de vivre en bonne santé tout en utilisant un minimum d’énergie et de terrain - une réponse efficace au problème de la surpopulation. Et rien ne l’empêche d’être aussi très savoureux. Dans le Tiers-Monde, l’emploi de légumes locaux, parfaitement adaptés aux sols et aux climats et riches en protéines complètes, pourrait contribuer à résoudre le problème de la faim.
Économiques, équilibrées, faciles à produire, les "protéines vertes" semblent promises à un bel avenir.
- Qu’en sera-t-il ?
C’est à nous de le décider !
Les Algues :
Parmi les protéines vertes, figurent aussi celles des algues. Si la teneur en protéines des algues marines et leur composition en acides aminés n’a pas encore été très bien étudiée, la composition d’une algue microscopique des eaux saumâtres, la spiruline, est par contre connue de façon précise. Séchée, elle se présente sous forme d’une poudre vert foncé qui renferme environ 60% de protéines fort bien équilibrées en acides aminés. Il est probable que les autres algues soient aussi bien pourvues.
Les championnes des protéines vertes :
1) L’ortie (Urtica dioica)
L’ortie affectionne les décombres, les lieux incultes et les abords des chalets d’alpage. On l’identifie sans difficulté à ses feuilles opposées et dentées, couvertes comme ses tiges de poils urticants.
Ses jeunes pousses délicates, à la saveur caractéristique, sont l’un des meilleurs légumes sauvages, que l’on peut préparer d’une multitude de façons. En vieillissant, les feuilles prennent un goût plus fort. Mais il est facile d’avoir de jeunes orties presque toute l’année en fauchant les tiges lorsqu’elles se développent pour faire venir de tendres repousses.
Teneur en protéines : 9 g/100 g
NDLR : L’ortie, championne de nos contrées en taux de protéines ! Mais aussi pour beaucoup d’éléments (vitamines, minéraux). Elle peut même servir à faire des vêtements !
Quant aux graines ... on ne tarit pas d’éloges sur elles ! Hyper riche, tonique avec des propriétés anti cancéreuses, elle n’a rien à envier à la graine de Chia venue du bout du monde tout en ayant le mérite d’être à portée de main ! (celles de la photo sont à 1 mètre de l’ordinateur
sur lequel se met en page le cueilleur culteur).
Et d’aucuns disent que s’il ne devait rester qu’une plante il faudrait
que ce soit celle là !
http://urticamania.over-blog.com/
2) Les amaranthes (Amaranthus retroflexus et A. lividus)
Plusieurs espèces d’amaranthes sont des « mauvaises herbes » communes des jardins. L’amaranthe réfléchie, grande plante à tiges rouges, fut introduite d’Amérique centrale comme légume voici quelques siècles, mais elle n’est jamais entrée dans nos mœurs. L’amaranthe livide est plus petite, sans teinte rougeâtre.
Les jeunes plantes se cueillent en coupant entre ses doigts la tige tendre. Elles se préparent en salade, mais fournissent aussi un savoureux légume cuit de même que les feuilles plus âgées.
Teneur en protéines : amaranthe livide : 8.1 g/100 g – amaranthe réfléchie : 5 g/100 g
NDLR : L’amarante réfléchie elle se glisse forcément dans les adventices de votre jardin, ici au milieu des capucines. Toutes la famille des amarantes est comestible, feuilles crues ou cuites et graines très riches aussi. Cette amarante est moins riche en protéine que certaines de ses cousines, mais ce n’est pas une raison pour l’arracher de son jardin : elle se mange et crée un couvert qui protège le sol
et sa microflore des UV.
NDLR : Une des amarantes distribuée par Kokopelli pour enrichir nos jardins. Plante sacrée et nourriture des amérindiens, c’est aussi la terreur de certaine boite agrochimique parce qu’elle a été capable de phagocyter les gènes anti herbicide patiemment crée par Big Drug !!!
3) La mauve à feuilles rondes (Malva rotundifolia)
C’est une petite plante aux feuilles arrondies, et aux fleurs blanches dont la corolle entoure une colonne d’étamines fièrement dressées. Plus tard, elles faneront pour donner naissance à de curieux petits fruits ronds.
Les jeunes feuilles de mauve sont les plus tendres qui soient, et leur saveur est très douce. On en fait d’excellentes salades. Plus tard, elles sont meilleures cuites, mais leur texture mucilagineuse demande généralement de les mélanger avec d’autres légumes sauvages, à moins de souhaiter la mettre à profit, par exemple pour épaissir des soupes.
Teneur en protéines : 7,2 g/100 g
4) L’égopode (Aegopodium podagraria)
Tous les jardiniers connaissent cette « mauvaise herbe » aux longs rhizomes traçants qui envahit leurs cultures. Ses feuil¬les sont divisées en trois folioles, elles-même divisées, plus ou moins complètement, en trois. Le long pétiole, de section triangulaire, est creusé en gouttière sur le dessus.
Les jeunes feuilles qui se montrent au premier printemps sont un peu froissées, luisantes et souvent rougeâtres. Tendres et aromatiques, elles font de très bonnes salades. Plus tard, elles prennent une couleur vert sombre et il est préférable de les faire cuire en légumes parfumés.
Teneur en protéines : 6,7 g/100 g
5) La consoude (Symphytum officinale)
C’est dans les lieux humides que se développent les grosses touffes de la consoude. Ses longues feuilles pointues sont couvertes de courts poils raides qui les rendent rugueuses au toucher. Lorsqu’elles sont très jeunes, elles peuvent être ajoutées aux salades. Plus tard, elles seront meilleures cuites.
La consoude renferme des alcaloïdes qui la rendrait toxique si l’on en consommait des quantités énormes. En pratique, il n’y a aucun danger à la déguster modérément.
Teneur en protéines : 6 g/100 g
NDLR : N°5. Un pied de consoude de russie, riche en protéines, officinale, mais à consommer avec modération car elle contiendrait encore plus de Pyrrolizidines que sa consœur officinale.
6) Le Bon-Henri (Chenopodium bonus-henricus)
Au début du printemps, de petites feuilles se développent en abondance sur les terrains richement fumés des abords des chalets. Un peu plus tard, elles s’élargissent pour prendre la forme caractéristique d’un fer de hallebarde. Puis une hampe florale se développe, surmontée d’un épi de minuscules fleurs vertes souvent teintées de rouge.
Cette plante, qui forme généralement des colonies étendues, est connue sous une multitude de noms. Ses feuilles peu¬vent se manger crues dans les salades lors-qu’elles sont très jeunes, mais il est plus courant de les faire cuire de diverses manières. Les jeunes inflorescences cueillies lorsqu’elles se cassent entre les doigts sont cuites à la vapeur et servies avec une sauce ou un morceau de beurre à la façon des asperges.
Teneur en protéines : 5,3 g/100 g
7) Le chénopode blanc (Chenopodium album)
Vers la fin du printemps apparaissent dans les champs et les jardins une multitude de petites pousses délicates, d’un joli vert parfois teinté de violet, qui se développent bientôt pour donner des feuilles de forme palmée, des tiges striées et de des grappes grumeleuses de minuscules fleurs vertes. Une façon bien simple d’identifier ces plan¬tes si communes est d’en toucher le revers des feuilles : elles sont couvertes d’une fine poussière granuleuse.
Les jeunes chénopodes ont une saveur très douce et peuvent se consommer en salade. Les feuilles plus âgées, simplement cuites à la vapeur ou à l’eau, ont toujours une saveur très fine. On peut aussi les déguster en gratins, en soufflés ou en quiches car le chénopode est l’un des légumes sauvages les plus versatiles, et l’un des meilleurs.
Teneur en protéines : 4,3 g/100 g
NDLR : N°7. Le temps des graines pour le chénopode. Et toujours se souvenir que les taux en encart sont issus d’analyses ponctuelless et qu’ils dépendent fortement de la saison, du climat, du sol ...
8) La bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris)
Elle est fréquente dans les terrains cultivés. Il suffit que la neige se retire quelque temps pour apercevoir ses rosettes de feuilles découpées, qui ne sont pas sans rappeler celles du pissenlit. Dès que viennent les premières chaleurs, le doute n’est plus permis car une tige rameuse se développe, terminée par des groupes de minuscules fleurs blanches, qui se transforment en petits cœurs gracieux.
Les rosettes de la bourse-à-pasteur peuvent se déguster tout au long de l’hiver et jusqu’au printemps. On les mange crues en salade lors¬qu’elles sont encore bien tendres. Elles peuvent également être cuites en légumes ou en soupes. La délicate saveur de la plante rappelle légèrement celle du chou, son cousin.
Teneur en protéines : 4,2 g/100 g
CONSEILS POUR VOTRE CUEILLETTE :
Récolter loin des routes et des champs cultivés
Prendre un couteau avec soi permet de récolter sans détruire la racine, et ainsi préserver votre source
Noter dans un calepin vos coins et la saison de récolte. La fois d’après, vous saurez où aller.