Le millepertuis

Vidéo

En cuisine

Et pour finir, on ne va pas oublier que le millepertuis est aussi une plante comestible ! On peut grignoter les jeunes pousses, les boutons floraux et les fleurs. Ces dernières font une belle décoration des plats, on peut les mettre dans des salades, on peut utiliser les jeunes pousses en aromate avec des légumes, dans des plats mijotés, les omelettes et soupes… Cuits ou macérés, les fleurs vont toujours apporter une coloration rouge.

Les feuilles et fleurs aromatisent les boissons (vin, liqueurs, bières et infusions bien sûr) auxquelles elles apportent un goût rappelant le thé noir avec une rondeur que j’apprécie beaucoup en infusion.. Certains utilisent même le macérat huileux comme huile de table. Il est vrai que l’huile de millepertuis sens particulièrement bon…

Précaution

Attention
Passer d'un antidépresseur de synthèse au millepertuis

Le millepertuis interagit de manière potentiellement dangereuse avec les antidépresseurs de synthèse et l'organisme peut mettre un certain temps à les éliminer. On recommande donc de ménager un certain intervalle de temps entre l'interruption d'un traitement à un antidépresseur de synthèse et le début d'un traitement au millepertuis. Votre médecin devrait pouvoir vous dire en combien de temps votre organisme aura éliminé le médicament de synthèse.
Cesser un traitement au millepertuis

Il est souvent suggéré de diminuer graduellement les dosages de millepertuis durant 1 à 2 semaines lorsque l'on veut interrompre un traitement, afin d'éviter un potentiel syndrome de sevrage.
Fromage, vin rouge et décongestifs

Contre-indications
On a signalé le cas d'un patient atteint de la maladie d’Alzheimer chez qui le millepertuis aurait provoqué une crise psychotique. On a relevé 2 autres cas semblables chez des schizophrènes en rémission.
Par ailleurs, comme c'est le cas pour les antidépresseurs en général, le millepertuis pourrait provoquer des périodes hypomaniaques chez les personnes atteintes de troubles bipolaires.
L'innocuité du millepertuis chez les femmes enceintes n’est pas établie. Chez celles qui allaitent, selon un suivi de 1 an auprès de 33 femmes, il semble sécuritaire.
Les patients ayant des idées suicidaires doivent éviter de prendre du millepertuis.
Eviter de prendre du millepertuis avant une opération (risque de réduire les effets de l’anesthésiant), suite à une greffe et si vous avez un cancer hormonaux dépendant.


Effets indésirables
Les effets indésirables liés à la prise de millepertuis sont rares et généralement bénins : légers troubles digestifs, allergies cutanées, fatigue, nervosité, maux de tête et sécheresse buccale.

Avertissement Pour les enfants de six à douze ans, l’utilisation du millepertuis doit se faire sur avis d’un médecin et d’un praticien formé à la phytothérapie. A noter que l’EMA (Agence Européenne du Médicament) précise que son usage n’est pas recommandé avant l’âge de 18 ans.

il y à des contre-indications à connaître ! Le millepertuis peut avoir une action photosensibilisante. Il est contre indiqué de le prendre (en externe sur la peau comme en interne) avant de s’exposer au soleil durant au moins 6 heures. Cela peut créer des allergies, des rougeurs sur la peau.

Les personnes qui ont le teint pâle ou une peau particulièrement sensible aux rayons solaires doivent s’assurer ne pas excéder les doses normales de millepertuis. Il est préférable que les personnes qui reçoivent des traitements aux rayons ultraviolets ne prennent pas de millepertuis.
On a aussi rapporté de l’inhibition de la pilule contraceptive. Cela a l’air d’être assez rare, mais il faut savoir que ça existe.

Interaction médicaments

Interactions millepertuis-médicaments
Les interactions entre les médicaments et le millepertuis sont bien connues aujourd'hui, bien qu'elles restent très complexes. Cette section est inspirée en grande partie de l'excellent “Herb, Nutrient, and Drug Interactions” de Stargrove, Treasure et McKee.

Le millepertuis induit principalement le substrat 3A4 du CYP450, et ceci d'une manière significative. Selon certaines études, il semble aussi induire d'autres substrats d'une manière secondaire (1A2, 2C9, 2C19, 2D6). Mais les différentes études in-vitro et in-vivo ne s'accordent pas toujours entre elles pour ces substrats secondaires.

Le problème principal est que de très nombreux médicaments sont métabolisés par le substrat 3A4 localisé dans la muqueuse intestinale et dans le foie.

Une induction signifie un métabolisme plus rapide du médicament qui utilise ce substrat. Si la personne prend en même temps du millepertuis et un médicament métabolisé par le substrat 3A4, le médicament sera métabolisé et donc évacué plus rapidement par le système, entrainant une quantité de médicament disponible en circulation sanguine inférieure à ce qui était prévu, donc moins efficace. Dans certains cas, l'effet est d'abord une diminution du métabolisme du médicament (créant des problèmes potentiels de toxicité du médicament), suivi par une augmentation du métabolisme (un effet biphasique).

Ce qu'il faut retenir : Faites preuve de prudence dès qu'il y a co-administration de millepertuis et de médicaments. Consultez un professionnel avant de prendre la décision.

Pour information, voici une liste non-exhaustive des médicaments présentant des risques d'interactions :

Les antidépresseurs de type tricycliques (ex : Elavil) et inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ex : Prozac, Deroxat, Effexor, etc);
Les anxiolytiques de type benzodiazepines (ex : Xanax) ;
Les anesthésiques ;
Les médicaments antirétroviraux (ex : Indinavir) utilisés dans les cas de SIDA et VIH ;
La cyclosporine (un médicament antirejet utilisé pour les greffes d'organes) ;
Les glycosides cardiaques de type digoxine et autres ;
La warfarine et autres anticoagulants ;
Certaines pilules contraceptives (voir note ci-dessous au sujet de la pilule).
Il y en a d'autres. Si vous prenez actuellement des médicaments, consultez votre médecin ou votre pharmacien pour discuter d'une interaction possible avec le millepertuis.
Les données actuelles indiquent que c’est l’hyperforine qu’il contient qui cause ces interactions.

Avec des médicaments
Antidépresseurs. Qu'ils soient de la famille des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), comme le Prozac, de celle des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), comme la phénelzine, ou encore de celle des tricycliques, comme l'imipramine, les antidépresseurs de synthèse peuvent avoir des interactions dangereuses avec le millepertuis (augmentation du taux de sérotonine, par exemple).
Le millepertuis peut aussi interagir avec le tramadol (antidouleur) et le sumatriptan (antimigraineux) de la même façon qu'avec les antidépresseurs.
Le millepertuis interagit avec de nombreux médicaments. Par exemple, il diminue l'efficacité des médicaments suivants :

ivabradine (utilisé dans le traitement de l’angor stable, un trouble cardiaque);
inhibiteur de protéase (sida);
inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (sida);
cyclosporine (inhibiteur immunitaire);
digoxine (maladies cardiaques);
statine (anticholestérol, par exemple atorvastatine and pravastatine);
warfarine (anticoagulant);
agents de chimiothérapie (par exemple, imatinib, irinotécan);
anovulants;
antipsychotiques;
théophylline (asthme).
anti-inflammatoires (par exemple ibuprofène et fexofénadine).
Antidiabétiques
Sédatifs. Le millepertuis pourrait atténuer l’efficacité du zolpidem, un médicament sédatif56.
Médicaments métabolisés avec des enzymes du cytochrome P450 (enzymes du foie). En effet, le millepertuis active ces enzymes avec lesquelles interagit notamment l’antipsychotique clozapine (Clozaril)57.
Parmi ce manque de preuves conclusives, il vaut mieux là encore rester prudent, en particulier dans les cas de pilules faiblement dosées.

Précautions additionnelles
Le millepertuis peut induire une photosensibilité, c'est-à-dire une sensibilité accrue aux rayons du soleil, avec risque de brûlure.

Les probabilités de photosensibilité sont très faibles, mais en ce qui me concerne elles existent. Donc comme toujours, mieux vaut être prudent.

Propriétés

Le millepertuis est connu pour ses effets antidépresseurs, même s'il était autrefois considéré comme une plante magique, un "chasse diable". Depuis près de 2 500 ans, il sert à repousser la mélancolie. Calmant, le millepertuis commun, ou millepertuis officinal, est aussi efficace contre l'insomnie, pour favoriser un sommeil réparateur, pour aider dans le sevrage du tabac ou pour soulager des plaies, traiter la dépression légère ou modérée.

Traite les troubles psychosomatiques, les états dépressifs, l'anxiété, l'agitation nerveuse et les troubles digestifs (dyspepsie).
Soigne les contusions, les douleurs musculaires et les brûlures mineures.
En phytothérapie, on utilise les sommités fleuries et les jeunes feuilles.

Utilisation interne
Propriétés astringentes ;
Antiseptiques ;
Analgésiques ;
Anti-inflammatoires ;
Antispasmodiques ;
Anxiolytiques ;
Antioxydantes ;
Antivirales.
Antidépressive : particulièrement efficace sur les dépressions saisonnières.
Anxiolytique : lutte contre le stress, l’anxiété, les angoisses et les attaques de panique.
Sédative : améliore l’endormissement et permet de retrouver un sommeil de qualité.

→ Le millepertuis est dans ce cas généralement pris sous forme d’extrait sec en gélules ou en teinture mère .

Utilisation externe

Antiseptique : il permet de désinfecter les petites plaies et autres égratignures.
Anti-inflammatoire : suite aux piqûres d’insectes et aux ecchymoses.
Cicatrisante : il favorise la régénérescence des tissus.
Antalgique : il apaise les douleurs musculaires et articulaires.
Préconisé en cas de brûlure : par le feu ou par le soleil (toute brûlure du second degré doit tout de même faire l’objet d’une visite aux urgences en première intention).
Généralement, on utilise le macérât huileux pour cet usage.

Son macérât huileux est connu des armoires à pharmacie pour soigner inflammations, coups, bosses, maux dentaires et autres traumatismes. L’action de cette huile sur les brûlures est particulièrement remarquable.

Il ne faut pas prendre à la légère l’action des principes actifs du millepertuis. Il s’agit, en effet, d’une plante médicinale puissante et efficace. À savoir : dans certains pays, toutes les préparations contenant du millepertuis sont réglementées ; même les préparations homéopathiques. Comme pour tout antidépresseur naturel, aucune amélioration n’est à attendre avant deux semaines de traitement minimum, le temps que son action se mette en place.

D’autre part, son huile essentielle doit rarement être utilisée pure et il est recommandé d’effectuer un test d’allergie avant toute utilisation. Pour ce faire, appliquer une goutte d’huile essentielle diluée dans une base grasse, sur une petite surface de peau et attendre vingt-quatre heures.

Indications thérapeutiques usuelles
Traitement des troubles psychosomatiques, des déprimes, des états dépressifs saisonniers, de l'anxiété, de l'agitation nerveuse ;
Il améliore aussi la qualité du sommeil et permet de lutter contre les insomnies ;
Le millepertuis perforé contribue à réduire le stress ;
Peut être utilisé pour soulager des troubles obsessionnels compulsifs ;
Atténue les douleurs musculaires telles que les crampes, les névralgies ;
Traitement des contusions, cicatrisation des plaies et des brûlures du premier degré.
Autres indications thérapeutiques démontrées
Réduction des symptômes liés à la ménopause et au syndrome prémenstruel tels que les bouffées de chaleur, les palpitations ;
Soulage les maux de dents.

Pulmonaire
Cazin le qualifie de “stimulant balsamique que l'on a, à tort, abandonné".

L'adjectif “balsamique” décrit une propriété qui rappelle un baume, riche en résines et pénétrante, donc pouvant atteindre les muqueuses pulmonaires afin de les calmer, les désinfecter et les "resserrer" (effet astringent).

Cazin nous dit que l'infusion des sommités fleuries peut être utile dans les catarrhes chroniques (inflammation des muqueuses bronchiques), l'asthme, certaines phtisies (tuberculose) même avec expectorations purulentes. Il l'emploie particulièrement dans les cas de catarrhes où l'état d'irritation s'établit dans la durée (donc devient chronique) avec des sécrétions plus ou moins abondantes.

Cazin l'associe volontiers à la grande aunée (Inula helenium) et le lierre terrestre (Glechoma hederacea) à parts égales pour les infections pulmonaires chroniques. Valnet confirme cette indication et recommande le même mélange.

Michael Moore le recommande pour les toux spasmodiques des enfants, en massant l'huile sur le dos de l'enfant dans la région des vertèbres T1 à T4 afin de relaxer les nerfs périphériques hypertoniques et responsables de cette toux.

Voila donc une indication très intéressante pour le millepertuis, définitivement oubliée aujourd'hui. Mais rappelons aussi que cette indication est partagée par d'autres plantes résineuses, et donc n'est pas unique au millepertuis.

Hépatique
Matthew Wood nous rappelle que les praticiens d'Europe de l'est ont le millepertuis en grande estime, et l'utilise pour des problèmes de foie, pour stimuler la détoxification hépatique en particulier. Wood explique qu'il peut être utilisé pour des problèmes de système nerveux entérique entrainant une mauvaise digestion, créant ainsi une charge sur le foie qui doit traiter ces résidus alimentaires mal digérés.

Cette ancienne indication est retenue par Valnet, qui l'utilise pour des congestions hépatiques et dyspepsies atoniques (indigestions dues à un système digestif déficient).

Nous verrons plus loin que, effectivement, le millepertuis accélère la détoxification hépatique en augmentant l'action de certaines enzymes utilisées pour métaboliser médicaments, drogues, hormones et polluants en circulation sanguine. Ceci explique ces interactions avec les médicaments.

Le foie est au centre de processus physiologiques multiples. En particulier, il fabrique les précurseurs de nombreuses hormones (cholestérol) et recycle le trop plein d'hormones en circulation. il est possible que, grâce à une détoxification hépatique, une personne se sente mieux psychologiquement car son équilibre hormonal est rétabli .

Vulnéraire
Plaies, bosses, hématomes...


Nerfs endommagés
Si vous vous trouvez face à une situation ou les nerfs ont été endommagés, faites appel au millepertuis le plus tôt possible. Et ce sont les médecins éclectiques américains qui vont nous amener le plus d'informations à ce sujet.

Ellingwood nous explique que le millepertuis peut être utilisé pour les douleurs profondes et les sensations de brûlure émanant de la colonne vertébrale lorsque l'on appuie dessus (dommages infligés aux nerfs et centres nerveux dans la colonne vertébrale). Il l'utilise pour les traumatismes crâniens, les chocs et blessures infligées à la colonne vertébrale, ainsi que pour les blessures de type perforation, accompagnées de douleurs aiguës.

Cette utilisation pour les “blessures de type perforation” se retrouve chez de multiples auteurs américains de l'époque, Felter et Lloyd par exemple. On utilise le millepertuis lorsque l'on a marché sur un clou, lorsque l'on s'est perforé un doigt avec une agrafe, lorsque l'on s'est planté une écharde sous l'ongle et que la douleur remonte dans le bras, etc. On peut aussi l'utiliser pour les écrasements (doigt coincé dans une portière de voiture). Les extrémités (doigts, orteils) sont très innervées, donc toute blessure par perforation ou écrasement endommagera obligatoirement certains nerfs, ce qui créera une douleur aigüe, parfois insupportable.

Les homéopathes en ont aussi fait leur plante de prédilection à partir des années 1800 (Muller étant un des premiers à en parler) pour les douleurs névralgiques et les blessures dues à un traumatisme (crânien ou autre).

D'une manière générale, le millepertuis sera utile pour toute lésion affligée à la structure d'un nerf, causant une inflammation, avec douleur qui peut être suivie le long du nerf. Le nerf lui-même est touché, la couche de myéline a été endommagée. Une sciatique en est l'exemple typique. Une huile (non diluée) ou mieux une alcoolature de millepertuis diluée au taux de 20% (1 proportion d'alcoolature pour 4 proportions d'eau) est appliquée le long du nerf douloureux, la teinture mère est aussi prise en interne. Il faut être patient (plusieurs semaines) avant de constater un effet.

Il est efficace pour les nerfs enflammés dus à un pincement, parfois à la suite d'un mouvement brusque pour prévenir une chute par exemple. Matthew Wood le recommande pour les chutes sur le coccyx, une chute sur la glace par exemple, ou une chute en skateboard.

Le millepertuis peut être utilisé pour le zona et les poussées d'herpes et boutons de fièvre (application locale dès que les premiers petites démangeaisons se font sentir), le virus (herpes simplex ou zoster) se logeant dans les ganglions nerveux et la douleur étant de type névrite.

Le millepertuis calme les inflammations locales et favorise une meilleure circulation autour d'un traumatisme, aidant ainsi à réduire un œdème. Pour les cas de bleus, ecchymoses, contorsions musculaires, appliquez localement une huile ou une teinture mère de millepertuis diluée (compresses). Pour ces cas là, il se mélange évidemment très bien avec l'arnica.

Sédatif des nerfs
Cette propriété commence à se rapprocher du profil moderne d'antidépresseur. Le millepertuis relaxe les nerfs hyperactifs et hypersensibles.
Le millepertuis agit en favorisant la recapture de certains neurotransmetteurs : la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Ces molécules naturellement présentes dans le cerveau équilibrent nos émotions. Lors d’un épisode dépressif, leur fonctionnement est perturbé. L’action du millepertuis consiste à rétablir cet équilibre.


Felter et Lloyd nous disent que “l'Hypericum a des pouvoirs indubitables sur le système nerveux”. Plusieurs médecins américains de l'époque l'utilisent pour les états d'hystérie. D'autres mentionnent une capacité à sortir les personnes de leurs états de morosité et de “mélancolie” passagère.

Henry l'utilise chez les hystériques, mais aussi chez les maniaques et hypochondriaques. 

Certains médecins des années 1800 et début des années 1900 l'utilisent pour l'insomnie de cause nerveuse, et pour les traversées difficiles (psychologiquement) des périodes clés de la vie, comme la petite enfance (urinations et terreurs nocturnes), l'adolescence (règles douloureuses), la ménopause (anxiété et troubles du sommeil), etc. L'adolescence et la ménopause étant des périodes de fluctuations hormonales, il est logique qu'une plante du foie puisse régulariser certains déséquilibres hormonaux.

Etats dépressifs
Le millepertuis agit sur les niveaux de neurotransmetteurs présents dans l'environnement cérébral. Certaines études le qualifient d'inhibiteur de la monoamine oxydase, d'autres d'inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. La meilleure hypothèse que nous ayons aujourd'hui est que le millepertuis agit sur la recapture des 5 neurotransmetteurs principaux : sérotonine, noradrenaline, dopamine, acide gamma-aminobutyrique (GABA) and L-glutamate.

Pour mieux comprendre l'action du millepertuis, catégorisons les états dépressifs comme ceci :

Dans une première phase, la personne commence à rentrer dans des états dépressifs passagers. Un choc émotionnel vient de s'opérer. Parfois le choc est évident - un divorce, le décès d'un proche, un licenciement, etc. Parfois, plusieurs évènements se sont étalés sur des années, et une goutte fait déborder le vase. Quels que soient les déclencheurs, la personne alterne entre état dépressif et état normal.
Dans une deuxième phase, la personne descend dans un état dépressif chronique et profond. Il n'y a quasiment plus de yoyos, il y a peu de moments où la personne se sent bien. Les idées noires, la morosité, l'envie de ne rien faire, l'anxiété, tout semble s'installer de manière permanente.
Le millepertuis est surtout efficace en phase 1, et peine souvent à apporter une aide en phase 2.

Michel Moore recommande le millepertuis surtout lorsque l'état dépressif est accompagné de colère. Il a observe que le millepertuis agit très bien sur les hommes traversant une période difficile. Le cas typique étant l'homme qui jusque-là réussissait beaucoup de choses, mais tout à coup doit faire face à un rejet social. Il était en pleine ascension professionnelle et s'est fait licencié. Ou peut-être sa femme l'a quitté subitement. Pour Moore, l'homme est beaucoup moins mature que la femme dans les situations de rejet, ce qui donne lieu à une grande colère suivie de dépression. Cet échec devient une fixation, une obsession même, et la personne n'arrive pas à penser à autre chose, ressassant sans-cesse l'échec.

On notera l'association en médecine chinoise entre colère et foie, et on se rappellera que le millepertuis est aussi une plante du foie.

Il est utile pour les cas de dépressions saisonnières. Dans ces cas là, la personne redoute l'arrivée de l'hiver, du froid, du manque de lumière, des jours qui diminuent et de la possibilité réduite à mener certaines activités. 

D'ailleurs, le fameux phytothérapeute allemand Rudolf Weiss nous donne l'explication suivante : le millepertuis induit une photosensibilité (sensibilité à la lumière), donc rend la personne plus apte à capter les rayons du soleil. Weiss nous rappelle que certains cas de dépressions peuvent être dus à un manque de mélatonine résultant d'un manque de lumière.

Posologie dépression

Précision et mise en garde

La dépression est une maladie qui doit être diagnostiquée selon des critères précis par un professionnel de la santé. Selon le nombre de symptômes et leur gravité, la dépression clinique est qualifiée de légère, modérée ou grave. Quelle que soit son intensité, la dépression nécessite un suivi médical. L’automédication n’est pas recommandée.

Extrait normalisé (3 % d’hyperforine ou de 0,2 % à 0,3 % d’hypericine). C’est ce type d’extrait qui a été utilisé au cours des essais cliniques. Prendre 300 mg, 3 fois par jour pour les extraits solides. Des extraits liquides normalisés peuvent aussi être utilisés, s’ils fournissent des quantités équivalentes d’hypericine ou d’hyperforine.
Teinture. La concentration varie d’un produit à l’autre : suivre les indications du fabricant.
Prévoir 4 semaines avant que les effets se manifestent pleinement.
Ménopause

EXTRAIT SEC ET TEINTURE MÈRE

L’extrait sec hydroalcoolique en gélules et la teinture mère de millepertuis sont utilisés pour soigner les troubles dépressifs, l’anxiété, le déséquilibre émotionnel, l’insomnie, etc. Le titrage en hypéricine ou en hyperforine est important pour mesurer son efficacité. Deux extraits à priori similaires peuvent présenter des taux de principes actifs allant du simple au double. Préférez donc acheter du millepertuis de qualité, hautement titré, pour éviter d’avoir un produit « coupé » à des substances indésirables.

 De manière générale, pour combattre la dépression légère à modérée, les spécialistes recommandent la prise d’extraits normalisés de millepertuis, contenant 3 % d’hyperforine ou 0,2 % à 0,3 % d’hypéricine (dosage réparti en 3 prises de 300 mg soit 900 mg en totalité), pendant une durée de 6 semaines.

Mais suivez toujours les recommandations données par le vendeur ou consultez un professionnel de la santé qui saura vous conseiller un dosage.
Il est recommandé de prendre les préparations au cours des repas, afin d'éviter des problèmes gastriques.

Pour soigner une déprime ou de dépression légère, il faut compter entre deux et quatre semaines de traitement pour que les effets se fassent sentir. Il est important de connaître l'opinion d'un médecin au préalable.

En extrait liquide : de 1 à 2 ml trois fois par jour pour les douleurs névralgiques, les plaies douloureuses des mains, les brûlures au premier et deuxième degré ;
En extrait standardisé solide : 300 mg trois fois par jour ;
En extrait standardisé liquide : 0,5 à 0,9 ml trois fois par jour ;
Teinture mère : 3 à 6 ml trois fois par jour pour les troubles du sommeil ou les syndromes prémenstruels.

Des préparations peuvent être réalisées à la maison :

En huile : pour les massages et les cataplasmes pour cicatriser les plaies et soulager les brûlures, utiliser une part de plante sèche pour dix parts d'huile d'olive. Appliquer cette préparation sur les parties lésées une à trois fois par jour. Masser avec cette huile pour soulager les crampes et les névralgies.


Composition

Constituants :

Naphthodianthrones (entre 0,05% et 0,6%), incluant l'hypéricine (substance contenue dans les fleurs et les bourgeons qui normalise les neurotransmetteurs intervenant dans le changement de l'humeur) et la pseudohypéricine
Flavonoïdes (biapigénine, quercétine et rutine)
Composés phénoliques incluant hyperforine et adhyperforine
Procyanidines
Huiles essentielles
Tanins
résine molle
 xanthones (qui agit comme un sédatif antidépresseur).

Dans les feuilles et la tige : flavonoïdes, antioxydants, antispasmodiques.

Cueillette


Avant sa floraison, et si on connait mal la plante, il sera quasiment impossible de l'identifier. La plante reste relativement petite (20 à 50 cm de hauteur), et d'un vert tendre qu'il est difficile de repérer au printemps lorsque la végétation aux alentours est en pleine croissance.

Prenez une feuille et regardez-la en transparence face à une source de lumière. Si vous arrivez à voir ces mille "pertuis", ces mille trous qui sont en fait des glandes regorgeant de principes actifs, vous êtes probablement en présence d'Hypericum perforatum.

Lorsque le millepertuis commence à fleurir, il est dur de passer à coté. On le trouve parfois en plant isolé, ou on le trouve dans des champs et terrains vagues où les plants se touchent et forment une couverture jaune vif qui peut être assez spectaculaire.

Le test ultime consiste à écraser une fleur encore en bouton entre ses doigts. Si vos doigts se colorent d'un beau pigment rouge foncé, vous êtes bel et bien en présence de millepertuis. Ce pigment rouge provient des étamines de la plante, et peut aussi être observé à l'œil nu lorsque l'on regarde une fleur de près

La meilleure période pour cueillir le millepertuis est :

Loin de la dernière pluie, sinon le millepertuis sera gorgé d'eau ;
Lorsque la plante vous fournit une grande quantité de fleurs toujours en bouton, c'est là ou les composants actifs seront à leur maximum (certaines fleurs seront ouvertes, cueillez les aussi) ;
Le matin après que la rosée se soit évaporée.
Selon les régions et la température, on pourra le cueillir de fin Juin à fin Juillet, début Juillet étant habituellement la période optimale (mais là encore, c'est le stade de floraison qui sera déterminant et pas la date).

Pour la cueillette, munissez vous d'un bon sécateur. Une méthode simple et rapide consiste à rassembler les tiges fleuries en un petit fagot, et de couper 2 cm en dessous des fleurs en laissant un petit morceau de tige et quelques feuilles. Ceci permet d'en ramasser une grande quantité en un temps raisonnable.

Si vous désirez les faire sécher pour les consommer en infusion, étalez les fleurs sur un banc de séchage que vous laisserez reposer à l'ombre dans un endroit sec. Mais attention à la durée de séchage. Sécher les fleurs ouvertes et les feuilles est relativement rapide. Mais pour les fleurs encore fermées, il faut beaucoup plus longtemps. Les fleurs en boutons regorgent d'humidité, et on peut se faire piéger en pensant que tout est sec, pour voir plus tard apparaitre de la moisissure et devoir jeter le lot.

Pour contrôler si les boutons sont bien secs, écrasez-en quelques uns entre vos doigts et voyez si de l'humidité subsiste.

Alccolature

Pour l'alcoolature de millepertuis frais : utiliser 200 ml d'alcool à 80°ou plus pour chaque 100 g de plante (c'est-à-dire une proportion de 1:2);
Pour la teinture (millepertuis sec) : utiliser 500 ml d'alcool à 45° pour chaque 100 g de plante (c'est-à-dire une proportion de 1:5).

Si vous avez un millepertuis de qualité, l'alcoolature doit devenir rouge très rapidement, et même quasi instantanément si vous faites une alcoolature de plante fraiche.

Dosages
Comme toujours, les dosages varient en fonction de la personne et de la situation

Alcoolature : 5 à 30 gouttes, une à trois fois par jour selon la situation ;

. L'alcoolature diluée peut aussi être appliquée localement en compresses (elle sera mieux absorbée).

Huile

Préparation de l'huile rouge
On ne peut pas faire macérer la plante fraiche dans l'huile sous risque de moisissure et de fermentation. Mais afin de profiter de la quantité optimale de principes actifs, attendez que les fleurs soit quasiment sèches mais pas complètement. Elles sont froissées, fripées, presque sèches, et ont perdu la quasi totalité de leur eau.

Ensuite, placez la plante dans un grand bocal et recouvrez d'huile d'olive vierge. Laissez macérer pendant plusieurs semaines dans un endroit qui reçoit un peu de chaleur, de la lumière mais pas directement au soleil (les UVs ont la particularité de détruire beaucoup de composants actifs).

L'huile finale doit être d'un beau rouge sombre comme un jus de cerise lorsqu'on la regarde dans un endroit non exposé à la lumière directe, et rouge vif comme du sang lorsqu'on la regarde sous la lumière du soleil. L'huile peut être appliquée le long des nerfs douloureux et endommagés, ou sur une peau irritée ou brulée.

Huile : application locale plusieurs fois par jour

MACÉRÂT ET HUILE ESSENTIELLE
Le macérât huileux de millepertuis ainsi que son huile essentielle sont préconisés pour le traitement topique et local des brûlures, coups, bosses, inflammations, tendinites, etc. On les utilise jusqu’à l’amélioration des symptômes.

Teinture

Préparation de la teinture
Si vous avez accès à des alcools de forte concentration (80° ou plus), teinturez la plante fraiche, elle contiendra plus de composants actifs. Sinon, faites sécher la plante, et teinturez la dès qu'elle est sèche avec un alcool à 45°.

. D'une manière assez générale

Infusion

Infusion : utiliser uniquement la plante récemment séchée, 15 g à 30 g de sommités fleuries pour un litre d'eau, boire de 2 à 4 tasses par jour;