Acore aromatique (Acorus calamus)

Précautions


Ne jamais dépasser les doses recommandées.
A utiliser surtout sur le court terme et pas en cure longue
Ne pas utiliser chez l'enfant ni la femme enceinte ou allaitante
Un surdosage d’Acore peut entrainer des hallucinations visuelles.

L'Acore est fortement déconseillé pour les femmes enceintes, allaitantes et pour les enfants.

L’huile essentielle d’Acore est à utiliser avec grande vigilance car elle contient des composants neurotoxiques en faible quantité, elle sera à utiliser uniquement en cure à court terme.

Il et important de toujours demander conseil à un spécialiste.

En cuisine

L' acore vrai, est une épice et un aromate très populaire. Son goût riche, piquant et terreux est parfait pour ajouter une touche d'originalité à vos plats. Il est très polyvalent et peut être utilisé dans une variété de cuisines, des plats indiens aux plats européens. Sa saveur unique et intense est un excellent moyen d'ajouter une touche de saveur à vos plats.
Les sauces à base d'acore vrai sont un moyen simple et délicieux d'ajouter une touche d'originalité à vos plats. Elles sont parfaites pour les amateurs de saveurs exotiques et pour ceux qui veulent donner une nouvelle dimension à leurs recettes.

Les vertus médicinales de l'Acore

’Acore (Acorus calamus) est une plante des marécages, utilisée pour ses rhizomes. Il possède des propriétés digestives, apéritives, diurétiques, sudorifiques, antiparasitaires, insecticides, cicatrisantes et sédatives. Il est également connu sous les noms suivants : Acore odorant, roseau aromatique, acore vrai ou jonc aromatique. Ce sont les rhizomes de l’Acore qui sont utilisés pour leurs propriétés médicinales, insecticides ou alimentaires (notamment dans des vins et bières).


En usage interne
Apéritif, digestif, carminatif : l’Acore agit sur les troubles gastro-intestinaux : nausées, indigestion, brulures d’estomac, gastrite, entérite, dyspepsie, gaz intestinaux, vomissements, coliques. Il aide à réparer les muqueuses digestives : ulcérations gastriques, duodénales et de l’œsophage. Il stimule également l’appétit ; L'acore odorant est d'abord la plante des états de stagnation. La vidange gastrique se fait mal, l'estomac devient une chambre de fermentation. La plante a une capacité assez remarquable à stimuler l'appétit ainsi que la relâche de sucs gastriques (ref : Weiss).

La plante est efficace même à petites doses. C'est l'une des meilleures plantes que je connaisse pour l'indigestion.

Pour les ulcèration de l'oesophage, de l'estomac ou du duodénum, l'acore a des propriétés réparatrices des muqueuses digestives. Elle est aussi connue pour moduler les niveaux d'acidité gastrique, stimulant la production lorsque l'estomac est en hypofonction (ce qui est souvent le cas) et calmant les excès lorsque l'acidité est trop élevée (rare aujourd'hui, mais cela peut arriver).

Tonique amer, stimulant : l’Acore lutte contre atonie digestive (perte de tonus, faiblesse et lenteur du système digestif) et stimule le péristaltisme ;
Diurétique, sudorifique : la plante favorise l’élimination par les reins et la peau et lutte contre l’oligurie, la goutte et les problèmes rénaux en général. Elle aide à enrayer les infections hivernales de type fièvre, toux ou grippe, et peut aider à dégager les bronches ;
Anti-inflammatoire, anti-infectieux : l’Acore soulage les inflammation du système digestif et les infection hivernales. 
Antiparasitaire, antibactérien, insecticide : l’Acore a une action sur certaines souches bactériennes et notamment le staphylocoque doré. Il est également connu pour éloigner certains parasites internes (vers intestinaux, oxyurose, amibiase) mais aussi externes du type insectes nuisibles comme les punaises par exemple ;
Antispasmodique et sédatif : l’Acore aide à détendre les muscles, les contractions involontaires (crampes musculaires, intestinales, utérines) et a une action calmante du système nerveux.

crampes menstruelles

Dès que les crampes commencent, prenez un morceau de rhizome d'acore et mâchez-le, gardez-le en bouche pendant un petit moment. Et si vous ne supportez pas le goût plutôt prononcé, passez à l'infusion. De plus, un apport de magnésium et vitamines B à ce moment là ne pourra que faire du bien (merci, au passage, à Henriette Kress pour avoir suggéré cette combinaison gagnante).
Infections hivernales : Ici on applique le même concept d'atonie pour la partie respiratoire : la personne, après avoir traversé une période d'inflammation aigüe, rentre dans une période atonique où l'organe (les poumons par exemple) n'a plus assez d'énergie pour fournir ses fonctions. On peut trouver un tel état en fin d'infection avec des symptômes toujours bien présent. La force aromatique de l'acore peut alors faciliter une meilleure circulation autour de l'organe et faciliter la résolution du problème.

Ne pas oublier que dans ce contexte d'infection hivernale, les plantes se prennent régulièrement pendant la journée et de manière rapprochée. Pour une fin de bronchite par exemple, on pourrait formuler un mélange thym, acore, grande aunée et marrube à boire sous forme d'infusion.

Une autre manière de voir les choses est au travers de l'équilibre sympathique/parasympathique. En activant le parasympathique chez la personne souffrant d'atonie digestive, la plante dérobe un peu d'énergie au sympathique et favorise ainsi un effet calmant.

Autres indications
Valnet mentionne l'utilisation des compresses de l'infusion pour les "affections osseuses". Comme d'habitude, Valnet est plutôt avare en information.

En usage externe
L’Acore aide à traiter et cicatriser les ulcères et les plaies infectées. Il est intéressant de l’associer à une plante aux propriétés cicatrisantes.

Il est constitué d’un rhizome rampant aux arômes épicés et au goût amer qui peut mesurer jusqu’à 3 cm d’épaisseur. Ses longues feuilles étroites et vertes poussent en touffes et peuvent atteindre 1 mètre de hauteur. Sa tige se dresse et porte un épi jaunâtre durant l’été. 

L’Acore était déjà utilisé par les Égyptiens à l’époque des pharaons pour ses vertus thérapeutiques. Il apparaît aussi dans la première pharmacopée chinoise Shennong Bencao Jing sous le nom de changpu pour traiter la toux, les infections hivernales, nettoyer l’organisme ou encore prolonger la vie.

Les Cheyennes d’Amérique l’utilisaient également pour purifier le corps et prévenir la confusion mentale.

En médecine ayurvédique, l’Acore sert à lutter contre le stress, les troubles cérébraux et nerveux, l’insomnie et aide à la méditation.

L’Acore est importée en Europe au XIIIe siècle pour ses vertus d'assainissant, odoriférantes et insecticides. Il servait à éloigner les insectes des animaux et des fourrures et assainir l'eau.

Acore et sevrage
Le rhizome d’Acore aide à la désaccoutumance au tabac et au chanvre. 

Posologie


Voie interne
infusion : 8 à 20 g de rhizomes secs par litre d’eau, boire jusqu’à 3 tasses par jour, avant le repas pour ses propriétés apéritives et après le repas pour ses vertus digestives et carminatives ;
décoction : faire macérer 10 à 20 g rhizomes dans un demi litre d’eau plusieurs heures, puis porter le tout à ébullition, filtrer et boire avant ou après le repas ;
teinture mère de rhizomes secs : 15 à 45 gouttes, jusqu'à 4 fois par jour. Ingérer avant ou après le repas. Se référer à la posologie recommandée selon le produit ;
poudre : environ 2 g de poudre de rhizomes par jour, incorporée à un smoothie, une cuillère de miel ;
crus : les rhizomes peuvent être mâchés en très petite quantité pour calmer des nausées par exemple mais attention, le goût est très amer.
Voie externe
bain : faire macérer environ 200 g de rhizomes toute une nuit dans 5 litres d’eau, réchauffer puis ajouter à l’eau du bain. Cela favorisera la relaxation musculaire et nerveuse ;
compresses : appliquer la décoction d’Acore ou 20 g de teintures sur des compresses pour favoriser la cicatrisation ;
huile essentielle : diluer dans une huile végétale et appliquer sur la zone à traiter pour profiter de ses vertus cicatrisantes, antispasmodiques, pour soulager les douleurs articulaires et les douleurs digestives.

Composition

Le rhizome d’Acore est composé de plusieurs substances actives dont les principales sont :

Amidons ;
Flavonoïdes ;
Saponines ;
Tanins ;
Huile essentielle (asarone, camphène, linalol) ;
Principes amers : acorone ;
Glucoside: acorine ;
Mucilage ;
Protéines ;
Résine.

Posologie

Plaies infectées
Appliqué en externe, l'acore odorant peut aider à résoudre une plaie infectée ou un ulcère qui devient chronique (à essayer pour un ulcère variqueux par exemple) . A combiner avec le souci pour une action encore plus puissante - 50% acore, 50% souci (Calendula officinalis), ou d'autres combinaisons employant, par exemple, des plantes résineuses (qui sont désinfectantes à large spectre) ou de la propolis.
La collecte se fait au tout début du printemps ou à la fin de l'automne, à une période où l'énergie de la plante est dans les rhizomes. Passez les rhizome à grande eau et brossez-les soigneusement. Enlevez les radicelles qui sont beaucoup moins aromatiques et plus amers. Coupez ensuite les rhizomes frais en lamelles ou en petits cubes et faites-les sécher à plat sur une grille dans un endroit sec. On peut utiliser une chaleur douce (étuve) pour accélérer le processus de séchage mais si la chaleur est trop forte, on y perdra en substances aromatiques.


Assurez-vous que les rhizomes sont bien aromatiques lorsque vous les sentez. Placez ensuite un petit morceau dans votre bouche et laissez-le s'imprégner de salive, puis mâchez-le doucement. Il doit créer un petit effet anesthésiant en bouche, accompagné d'un goût fort et piquant sur le bout de la langue. L'amertume est présente mais n'a rien à voir avec les amères pures comme la gentiane, elle est beaucoup moins marquée. Par contre, c'est la force aromatique qui laisse un souvenir.

Les feuilles séchées peuvent être utilisées pour faire une infusion agréable, mais elles sont largement moins puissantes que les rhizomes (ref : Moore).

Teinture
Rhizomes secs - 1:5, alcool à 60° (ref : Moore)
Infusion des rhizomes secs
8 à 20 g par litre d'eau (ref : Fournier)
1 c-à-café par tasse (ref : Valnet)
Vin
1 partie de rhizome pour 10 parties de vin, faire macérer 8 jours (ref : Fournier)
Plante brute
Un morceau de rhizome sec gardé en bouche et mâché doucement
Poudre stomachique, soit incorporée avec du miel, soit avec un aliment approprié (ref : Fournier)
Doses
Teinture
15 à 45 gouttes, jusqu'à 4 fois par jour (ref : Moore)
20 à 50 gouttes avant ou après le repas, 3 fois par jour, ne pas dépasser les 50 gouttes (ref : Fournier)
50 gouttes avant les repas (apéritif) ou après les repas (carminatif) (ref : Valnet)
Infusion des rhizomes secs
3 tasses par jour (ref : Valnet, Fournier)
Vin
1 verre à bordeaux avant ou après le repas (ref : Fournier)
Plante brute
Poudre : 0,5 à 2 g par jour (ref : Fournier)
Poudre : 2 à 4 g dans un sirop (ref : Valnet)


Vous pouvez l'associer à d'autres excellentes réparatrices des muqueuses, le plantain lancéolé par exemple, ou une huile de millepertuis (la fameuse huile rouge qui, prise en interne, a des effets anti-ulcéreux - fait peu connu).